Ce que je vais raconter est sans doute commun, banal, bien connu de la plupart de ceux qui vont lire ces lignes, mais moi le débutant, j'avais beau savoir les effets de la gite ou de l'assiette longitudinale pour les avoir lus et vaguement constatés, j'ai été épaté
Hier samedi sur mon lac préféré, 2 beaufort, joli soleil, en solo sur la Mariette. Ce temps pour demoiselle laisse des loisirs, j'ai tout le temps d'observer le bateau. Je remonte le lac du Sud au Nord au près, un peu plus que "bon plein", un peu moins que "serré". De toute façon je ne peux pas trop serrer avec le flèche.
Je borde la misaine, puis la grand voile.
Le bateau est un peu plus ardent depuis quelques temps, (depuis que j'ai ajouté le flèche, je dirais) alors je remonte un peu de dérive (je rappelle qu'elle est pivotante) en me disant que ça devrait faire reculer son centre de poussée. Gagné, je peux lâcher la barre (tenue à peu près dans l'axe avec un sandow).
...
un paquet de minutes plus tard, la Mariette est toujours sur son cap, et là je suis épaté. Quand elle dévie et abat elle augmente sa gite, ce qui la fait lofer. Quand elle lofe la gite diminue et elle abat. Mais j'ai aussi observé que la barre, (à laquelle le sandow laisse une certaine latitude) peut être sous son poids, se déplace dans le sens qui va bien. Bref, naturellement le bateau revient sur son cap. L'équilibre est convergeant. Magique !
Quand je modifie la gite en me déplaçant dans le bateau, même effet. Si mon déplacement est maintenu, le cap est modifié durablement et stablement.
Quand je modifie le réglage des voiles, même résultat.
Quand je me déplace plus en avant ou en arrière, idem.
J'ai rarement l'occasion de naviguer en solo, et l'assiette du bateau est différente car, effet pervers de mon gréement, la plage avant libérée du mât unique insite à s'y installer, trop en avant pour l'équilibre, et le positionnement du grand mât interdit à un équipier de s'installer sur le banc central.
J'ai navigué un long moment, plus d'une heure,sans toucher la barre, presque sans les mains, en rectifiant de temps à autre le cap en m'avançant un peu dans le bateau ou en me reculant, en modifiant le réglages des voiles deux ou trois fois, elles étaient aux taquets vu le temps.
Bâbord amure, tribord amure, idem.
Evidemment, le temps était idéal pour ça.
J'ai adoré cette balade contemplative, j'aime mon bateau
