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Construction sur lisses

Posté : 30 avr. 2010 20:15
par zzgab
Salut à tous, :)

Mon 1er message alors mini présentation : Je vis en Alsace, à 12 heures de la mer, n'ai plus fait de voile depuis depuis plus de 15 ans quand j'étais pré-ado, et n'ai jamais vraiment travaillé le bois mais j'ai bien envie de faire un pitit bateau. ..J'aime bien faire des bidules avec mes mains, et je voudrais pouvoir équiper la maison de vacances familiale (pas loin du golfe du morbihan) d'une barquette qui pourrait être meneé à la voile et à l'aviron, après l'avoir essayée sur les plans d'eau d'Alsace bien-sur...

J'ai lu pas mal de posts sur ce forum, dont je remercie les participants, le bouquin de Gavin Atkins (Ultrasimple boatbuilding, bouquin qui donne envie et qui décomplexe les plus hésitants!), ainsi qu'un petit bouquin édité par Chasse-marée : "guide de la construction des bateaux en bois" qui traite de manière succinte et accessible la construction traditionnelle en vrai bois d'arbre végétal.

Je ne suis pas décidé sur un plan (ptet bien une toute petite plate en V?), mais je me laisserais bien tenté par l'utilisation de bois normal plutôt que de contre-plaqué : je suis dans une région ou lla fillière bois et les scieries sont très présentes, c'est pas trop chère, ça sent meilleur que la résine...
Je pense utiliser la technique des bordés sur lisses qui semble assez accessible pour les bricolos (calfater n'a pas l'air facile...), je trouve assez peu d'info sur cette technique, auriez-vous un lien web ou les références d'un bon bouquin sur le sujet?

Pensez-vous que je peux utiliser du sapin commun pour ce projet?

Vu que le bateau va passer l'énorme majorité de sa vie hors de l'eau, y-a-t-il une chance qu'il soit étanche lors des mises à l'eau avec ce type de construction?

Je pensais mettre du sikaflex entre lisses et bordés pour renforcer tenue et étanchéité, c'est une bonne idée?

Dans mes lectures on parle d'utiliser du minium entre chaque pièce de charpente, mais c'st interdit et toxique... on peut s'en passer ou mettre une simple peinture ou du goudron?

On parle aussi de la finition au "Black", en français dans le texte. C'est quoi ce truc, même google ne trouve pas... c'est un truc à base de goudron? et ca dégouline quand il fait chaud?

Ca fait beaucoup de questions, désolé, mais c'est de votre faute, vous avez titillé ma curiosoté
:wink:

Bonsoir

Posté : 30 avr. 2010 21:47
par Luc
Bienvenu.
Le calfatage n'est pas plus difficile que la construction. C'est seulement une question de materiaux adéquat et de patience.
Le bateau hors d'eau séche. Mais un séjour dans l'eau lui rend l'étanchéïté si le calfatage est toujours là. La plate en V que je viens de construire en bois sec a mis 10 heures à se fermer totalement.
Je ne vois pas de contrariété à utiliser du sapin. Sinon les noeuds morts qu'il faut enlever et bouchonner.
Mais pour voile - aviron dans le golfe je crois qu'il faudrait autre chose qu'une plate en V. Au moins un plan anti dérive.
Construire une petire embarcation en bois d'arbre qui tienne l'eau n'est pas sorcier. Juste du temps, des outils adaptés, un peu de place et un plan minimum.
Bon courage.

autres

Posté : 30 avr. 2010 21:55
par Luc
Les peintures au plomb sont interdites mais il existe d'autres formules. Demain je te donnerai le nom d'un produit qui fait trés bien l'affaire (je crois que c'est une peinture au zinc).

Si le black est ce que j'utilise pour remplir les joints calfatés (un mélange de goudron et de je ne sais pas quoi), il ne fond pas au soleil puisqu'il est dans l'eau... ou dans les fonds de barque. Il fond dans une casserole avant mise en place.

Posté : 30 avr. 2010 22:30
par sly
Je serais toi, je construirai une petite coque à clin en massif. Le clin s'ouvre beaucoup moins que le franc bord et peut être étanchéifié au sika en plus d'un rivetage cuivre. Pourquoi ne pas contacter F. Vivier et construire un seil en massif, comme Michel Gué par exemple ?

Posté : 30 avr. 2010 22:42
par SVS
Bonjour Zzgab,

Bienvenue parmi nous.

Tu en es au début de tes réflexions, ce n'est donc pas surprenant que tu aies beaucoup de questions.

Manifestement, ta préoccupation du moment semble être l'étanchéité. Il y a fondamentalement deux méthodes pour empêcher l'eau d'entrer dans un bateau (entier) :

1. La méthode traditionnelle utilise le bordé lui-même comme défense graduelle. Le bordé absorbe un peu d'eau, le bois et le calfatage gonflent, la tension interne augmente, le reste de l'eau est gentiment invité à rester dehors. C'est une technique "humide" : le bordé et, par capillarité une partie de la charpente sont constamment imprégnés d'eau, il faut donc les protéger contre les moisissures, d'où Minium et consorts.

2. La méthode moderne consiste à isoler le bordé de l'eau qui l'entoure, au moyen d'une imprégnation de résine parfaitement étanche (initialement polyester, maintenant époxyde). Le bois à l'intérieur reste sec. Pas de moisissures (en théorie), pas de calfatage, pas de Minium.

Il y a sur ce forum des apôtres des deux techniques, je me garderai bien de prendre parti. Je me contenterai simplement de faire une remarque : le programme qui consiste à mettre le bateau à l'eau de temps à autre seulement pointe assez résolument vers la seconde famille. En effet, en construction traditionnelle, chaque cycle de mise à l'eau / hivernage se traduit par un cycle de gonflement / séchage du bois, induisant des problèmes d'étanchéité, voire de structure (les tensions en jeu sont considérables). A contrario, un bateau qui voit peu l'eau souffrira moins des imperfections éventuelles de la stratification, faiblesse structurelle de la technique moderne.

Le choix de la technique moderne n'empêche pas de préférer le bois d'arbre. Deux modes de construction en particulier s'accordent bien avec la stratification époxyde : le strip planking (construction en petites lattes) et le bois moulé (2 couches ou plus de bois tranché). Dans les deux cas, on construit sur lisses.

La construction traditionnelle n'est pas exclue. Je n'ai pas d'expérience personnelle, mais d'autres sur le forum pourront te donner des conseils pour l'hivernage au sec de ton bateau (sous bâche, avec un seau d'eau, etc.)

Je te recommande le hors série n°4 de Loisirs Nautiques (si tu le trouves sur ebay et consorts) pour te familiariser avec toutes ces techniques et en comparer les avantages et inconvénients.

Bonne pêche aux renseignements et n'oublie pas de nous tenir au courant de la suite...

A+

SVS

Posté : 01 mai 2010 12:29
par zzgab
Merci à tous pour vos réponses et encouragements,

Si je me pose tant de questions sur l'étancheité, c'est qu'on lit un peu partout que les techniques modernes permettent justement permettent de mettre à l'eau et d'hiverner sans se prendre trop la tête, contrairements aux techniques anciennes... Moi je voudrais le beurre et l'argent du beurre : du vrai bois non stratifié qui flotte, même mis à l'eau 5 fois par an... :roll: c'est beau de réver, mais je vais ptet être obligé de mettre de l'eau (de mer) dans mon vin (Riesling svp!).

La technique bordés sur lisses (on encastre des lisses longitudinales dans les menbrures sciées, les lisses permettent de définir très facilement la découpe des bordés, et les bordés sont ensuite vissés simplement sur ces même lisses), me parait très simple (euh c'est moi qui le dit, ça vaut ce que ça vaut...) : traçage des bordés simple, pas de chamfreins à faire comme avec les clins, ajustements moins compliqués qu'avec les bords francs (faut pas de jeu, mais il en faut pour pouvoir calfater... euh ptet un peu compliqué pour moi ça...). Mais je trouve pas de témoignage documenté sur cette technique, je trouve ça louche, serait-ce plus compliqué que je ne me l'imagine? Des idées?

Pour répondre à Luc donc j'ai admiré sa plate en V construite en quelques heures à peine ( :shock: ), dans une de mes lecture, il y a un plan d'une plate en V avec dérive et voile, ça doit donc être faisable...

Posté : 01 mai 2010 13:11
par SVS
Si tu cherches simple et rustique, as-tu jeté un œil sur les barques de la FAO ?

(Si non, fais une recherche sur le site ou sur gogol).

A+

SVS

Posté : 01 mai 2010 13:28
par alien
La construction en bordés massif sur lisses a été surtout utilisée pour des coques à bouchains vifs .
Elle a précédé l'utilisation du contreplaqué jusque dans les années 50 .
Il y a peu de problèmes d'étanchéité car les joints des bordés vissés sur les lisses sont assez étanches . A l'ancienne, on les vissait sur un mastic à la céruse puis on a collé .
Le plus gros inconvénient est le risque de fissuration des bordés qui, souvent assez minces, sont maintenus sur leurs bords par les lisses et ne peuvent se rétracter qu'en fissurant .
Elle a progressivement été abandonnée au profit du contreplaqué car ce dernier a plus d'avantages que d'inconvénients . Le bois dont il est fait est en général cueilli dans les forêts donc on peut considérér que c'est du bois d'arbre . :wink:
Il suffit de lire sur ce site tous les posts relatifs à la restauration de ce type de construction pour se convaincre que ce n'est pas l'idéal pour une construction neuve . (vedettes ARCOA, canots automobiles, bélouga, etc...) .

Les sapins "de pays" ont une durée de vie très limitée en eau douce . Il faut des arbres coupés en altitude ou en région froide et à la bonne époque . Et cela ne suffit pas à garantir la longévité .

Posté : 01 mai 2010 15:44
par mirmily
Tu es le bienvenu sur Bateaubois, zzgab.
La "plate du golfe" d'alien dont il a déjà donné les plans sur ce site me semble tout à fait idoine et conforme à tes projets. De plus, l'architecte n'est pas avare de (bons) conseils.
Cependant je crois devoir te prévenir que, comme moi et comme de nombreux bateauboins, il apprécie moins que modérément ceux qui osent allonger leur Riesling à l'eau de mer. :smt030
Te voilà prévenu. C'est un avertissement qui te permettra de démarrer ta construction dans les meilleures dispositions possibles...

Posté : 01 mai 2010 19:20
par alien
rectification :wink: : la plate n'est pas du golfe .
A vrai dire ce n'est pas un très bon projet :oops:
A revoir !
Le seul point intérêssant, à mon sens, est l'utilisation de contreplaqué de pin des landes .
Econologiquement c'est correct et avantageux .
Faut simplement oublier un peu certaines mauvaises habitudes .

Posté : 01 mai 2010 19:48
par mirmily
Quand je dis alien, que tu es de bon conseil !
Je ne pensais pas que ça irait jusqu'à remettre en question ton propre travail.
Chapeau bas, vraiment, chapeau bas. :smt059

Posté : 01 mai 2010 21:08
par admin
zzgab, la localisation que tu as indiqué est hors charte, merci d'indiquer correctement ta localisation dans ton profil...

Posté : 01 mai 2010 21:50
par zzgab
admin a écrit :zzgab, la localisation que tu as indiqué est hors charte, merci d'indiquer correctement ta localisation dans ton profil...
C'est fait captain! :wink:

( :D rigolent pas les admins sur bateaubois...:D )

Posté : 02 mai 2010 12:10
par sly
La construction a clin était spécialement adaptée aux coques passant plus de temps au sec (annexe, canot de bossoir...).

Posté : 02 mai 2010 14:56
par wedell
Si je devais construire une plate en massif qui devrait passer la majeure partie du temps au sec, qu'est-ce que je ferais?
Bonne question.
Tout d'abord, je construirais sur couples avec les fonds bordés en longitudinal. Les plates dont les fonds sont bordés en travers perdent leur cohésion au séchage.
Je ferais les fonds en double bordé avec un feutre bitumé entre les deux. Le geotextile utilisé pour les épandages et les canalisations convient très bien. Je resterais sur des virures de moins de 80mm de large et j'utiliserais du chêne ou de l'orme (difficile à trouver aujourd'hui) pour plus de stabilité tout en restant sur des bois pays.
Quant aux bordés de flan, je les assemblerais à clins, avec peut-être la virure inférieure en chêne et celle des hauts en pin ou en mélèze. riveté cuivre, bien sûr. Les fonds, eux peuvent être cloués ou vissés inox ou bronze.
De toute façon, les materiaux doivent être de très bonne qualité et ce sera une construction qui ne souffre pas la médiocrité compte trenu du cahier des charges.
Si tu te sens de le faire alors vas-y, fonce mais ce sera long, délicat, pas bon marché et il faudra faire un entretien soigneux tous les ans.
D'un autre côté, naviguer sur et entretenir le bateau dont on a rêvé et qu'on a construit procure une satisfaction et une paix de l'esprit hors de la portée des misérables époxifleurs qui trainent sur ce foruml. Ils ne peuvent tout simplement pas comprendre. :smt003
Plus sérieusement, l'alternative contreplaqué en pin ou en bouleau n'est pas à rejeter dans ton cas. C'est écologiquement bien vu, du moins en ce moment et dans une société où se faire bien voir est plus important que bien faire, ce n'est pas à négliger. La quantité de colle employée me parait faible bien que non nulle et une construction sur lisses et charpente assemblée est interessante pour un premier bateau. Le tout, pour finir, est de résister à la tentation d'encapsuler le tout dans un dérivé du pétrole sous prétexte de se liberer de l'entretien comme on ne manquera pas de te le conseiller ici.