to a écrit :Au moins maintenant vous connaissez sous quelles conditions nous naviguons nous autres bretons....
Je crois que j'aurais pu être breton : je crains moins la pluie que la chaleur
La météo annonçait 4 Beauforts sur le lac de Lacanau et des possibilités de petites averses. Hors, depuis que j'ai lancé la Mariette fin Aout, je n'ai presque navigué que dans le petit temps alors j'avais envie de voir comment ça allait se passer quand ça souffle un peu plus. Et puis dans mon esprit, un bateau doit pouvoir naviguer par tous les temps, du moins tant qu'il n'y a pas grand péril.
Autre motivation, le lac de Lacanau est à 30' de chez moi, par une route tranquille et droite. Jusque là j'allais à Sanguinet parce que c'est là que j'ai commencé à naviguer avec Donca, mais plus d'une heure de route vraiment pas pratique. Donc envie d'essayer ce nouveau plan d'eau.
Je ne l'ai vraiment pas regretté.
Le bateau se comporte honorablement, avance bien, par contre j'ai eu quelque soucis parfois pour virer : j'ai beau prendre de la vitesse, quand je pousse la barre pour virer il s'arrête vent de face. L'impression que ça me donne est un manque d'inertie. Là où je suis bête, c'est que j'ai embarqué un bidon de 20l et que je l'ai oublié. J'aurais pu le remplir pour voir si ça arrange les choses.
Nous avons tiré quelques longs bords très sympa, comme l'a déjà dit Donca, sous un ciel coloré de gris et de bleu sur ce lac aux rivages variés et sympathiques, bref il est évident que j'y reviendrai régulièrement
Tout allait bien jusqu'à ce que je sois dans le port
Vent arrière le bateau cavalait un peu trop alors j'ai... comment dire? j'ai installé une manoeuvre sur la grand voile qui permet de dresser la bôme le long du mât (à défaut de pouvoir l'affaler) et je m'en suis servi. Sous voile de maisaine seule, impec pour le vent arrière... sauf qu'il aurait fallu faire un 90° gauche pour rejoindre la rive là ou on s'installe pour dégréer, et pour éviter les bateaux amarrés aux pontons. Et là, bien sûr ,impossible. Pas l'équilibre des surfaces pour ça.
Je sors un aviron pour éviter le contact avec un bateau, puis un autre, mais ma voile continue à me drosser sans me laisser le répit qui me permettrait de sortir le deuxième aviron pour me tirer de là. Alors me vient l'idée de coucher le mât de misaine, seul moyen de rendre sa voile inactive. Mais pour cela il faut passer sur le côté du grand mât. Ca s'est bien passé à l'aller, mais au retour, dans la précipitation, j'ai fait giter le bateau. Le liston est passé sous l'eau, et le bateau s'est rempli en un instant.
Il flottait soutenu par ses caissons étanches, mais il en faudrait des latéraux car l'équilibre en roulis était des plus précaire. Le poids du mât restant suffisait à faire basculer le bateau si je n'y prenais gare.
Je n'avais pas pied, j'ai poussé d'une main la Mariette vers le bord en m'agrippant de l'autre aux bateaux amarrés, puis je suis passé devant et l'ai empoigné par les listons à la proue, sur le dos, une guibolle de chaque côté en donnant des mouvements de brasse avec les jambes, je l'ai remorquée ainsi jusqu'au bord. Avec l'eau contenue dans la coque, le bateau pesait des centaines de kg.
Vidage au seau, fin de l'histoire
Pour répondre à la question de Padélis, mes petites affaires, téléphone, papiers,clés de bagnole, étaient dans un coffre à l'arrière. Il est relativement étanche et est resté à peu près au dessus de l'eau. Quant au casse dalle et autres babioles, elles étaient dans un sac qui s'est mis à flotter
Je me dois de préciser que c'est équipé d'une combinaison de néoprène, que j'ai vécu cette petite aventure. Environ 70€, +25 pour une paire de bottillons. Cela m'a aidé à ne pas avoir froid sous la pluie ni dans l'eau du port. bon investissement!
Par contre, après l'avoir enfilée, et un coupe vent par dessus, tout à ma joie d'aller naviguer je me suis cru assez équipé et j'ai oublié le gilet de sauvetage. C'est en me remettant en "civil" que je m'en suis rendu compte. Et si je m'étais retrouvé dans une situation similaire au milieu du lac? combien de temps le bateau aurait-il flotté? j'aurais pu être très mal barré
Mon erreur initiale a probablement été de compromettre l'équilibre des surfaces de voile. J'aurais probablement mieux fait de tout border à fond, ce qui aurait perdre autant de puissance mais en gardant la possibilité de manoeuvrer
