Bonjour à tous,
Je suis ébéniste de métier depuis une trentaine d'années et je me lance dans un premier projet de construction navale amateur : un petit canot à clins d'environ 3,50 m en bois massif, pour naviguer dans l'estuaire de l'Orne (Calvados).
J'ai l'habitude de travailler le bois au quotidien mais la construction navale c'est un monde à part ; les contraintes mécaniques et l'environnement marin changent complètement la donne.
Pour la quille et l'étrave, je pars sur du chêne sessile que j'ai en stock. Le chêne c'est mon bois de prédilection en ébénisterie, mais en milieu marin j'ai un doute : le chêne sessile se comporte-t-il aussi bien que le chêne pédonculé en immersion ? Certains me disent que l'acacia serait préférable pour les pièces immergées.
Pour les bordés, j'envisage du red cedar ou du mélèze. Et c'est là que j'ai une question outillage : mes bordés feront environ 10 mm d'épaisseur et je dois les amener à épaisseur constante sur 3,50 m de long. En atelier j'utilise une raboteuse-dégauchisseuse classique, mais sur des longueurs pareilles et à cette faible épaisseur, j'ai peur du snipe en entrée et sortie. Ceux qui rabotent leurs bordés en machine, vous faites comment ? Planche martyre ? Rabotage au rabot électrique à main en finition ?
Et dernière question : pour la protection du bois, huile de lin + essence de térébenthine sur les parties intérieures avant l'époxy, ça se fait encore ou c'est complètement abandonné au profit du tout-époxy ?
Merci d'avance, j'ai hâte de croiser mes compétences bois avec votre savoir-faire naval !
Premier projet canot : choix du chêne pour la quille et rabotage des bordés
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masterbricoleuse
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Re: Premier projet canot : choix du chêne pour la quille et rabotage des bordés
Bonjour et bienvenue.
Ça fait plein de questions intéressantes mais avant de répondre, ça serait bien d'avoir un plan ou des photos du canot en question histoire de savoir de quoi on parle exactement.
Ça fait plein de questions intéressantes mais avant de répondre, ça serait bien d'avoir un plan ou des photos du canot en question histoire de savoir de quoi on parle exactement.
Le bois, c'est comme du contreplaqué massif en plus beau.
- Gwengolo
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Re: Premier projet canot : choix du chêne pour la quille et rabotage des bordés
Bienvenue sur le forum.
Tu vas avoir des réponses à tes questions et nous on écoutera ça avec intérêt.
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Marin de marée basse.
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Re: Premier projet canot : choix du chêne pour la quille et rabotage des bordés
aïe. Bois d'arbre et epoxy.
Je tique quand même. Vrai bois d'arbre = pas d'epoxy, un peu comme "Amazing Grace".
Tu veux fabriquer à clin donc non, pas d'epoxy. les rivets forceront le joint et le bois gonflera un poil pour parfaire l'étanchéité.
Pour ce que tu appelles le snipe que j'imagine un talon en entrée et sortie : pour y remédier, tu usines tes bois en surlongueur. Ça doit être un standard pour toi, non ?
3.50m donc petit canot que tu ramèneras à la maison après chaque sortie ? donc le minimum de protection. Je pencherais bien pour un saturateur de bois genre D4.
Je tique quand même. Vrai bois d'arbre = pas d'epoxy, un peu comme "Amazing Grace".
Tu veux fabriquer à clin donc non, pas d'epoxy. les rivets forceront le joint et le bois gonflera un poil pour parfaire l'étanchéité.
Pour ce que tu appelles le snipe que j'imagine un talon en entrée et sortie : pour y remédier, tu usines tes bois en surlongueur. Ça doit être un standard pour toi, non ?
3.50m donc petit canot que tu ramèneras à la maison après chaque sortie ? donc le minimum de protection. Je pencherais bien pour un saturateur de bois genre D4.
c'est en faisant qu'on devient faisou
- Kerieg
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Re: Premier projet canot : choix du chêne pour la quille et rabotage des bordés
Attention, l'epoxy sur du bois feuillus avec aubier, c'est échauffement assuré si le bateau est a l'extérieur en lieu humide ! Car les UV détruisent l'epoxy qui devient poreux et laisse entrer l'humidité, Chêne et accacia sans aubier + colle D4 c'est mieux .
L'epoxy avec joint congé sur du contreplaqué marine ou bois exotique (sipo) + 6 couches de vernis ça tient depuis 15 ans sur ma barque, mais la moindre rayure avec entrée d'eau provoque un début de pourriture, car le bois ne respire plus.
Sur les canots bretons avec bordés en mélèze ou chêne avec peinture a l'huile il y a très peu de pourriture dans les parties immergées dans l'eau salée.
Et pour hiverner un canot a terre, mes voisins n'hésitent pas à mettre des kg de gros sel dans les fonds si l'eau de pluie peut s'accumuler.
L'epoxy avec joint congé sur du contreplaqué marine ou bois exotique (sipo) + 6 couches de vernis ça tient depuis 15 ans sur ma barque, mais la moindre rayure avec entrée d'eau provoque un début de pourriture, car le bois ne respire plus.
Sur les canots bretons avec bordés en mélèze ou chêne avec peinture a l'huile il y a très peu de pourriture dans les parties immergées dans l'eau salée.
Et pour hiverner un canot a terre, mes voisins n'hésitent pas à mettre des kg de gros sel dans les fonds si l'eau de pluie peut s'accumuler.
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masterbricoleuse
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Re: Premier projet canot : choix du chêne pour la quille et rabotage des bordés
Merci à tous pour ces réponses éclairantes !
@wedell : tu as raison, je vais chercher un plan ou au moins un croquis à partager. C'est un canot à clins classique type norvégien, mais je vais tâcher de mettre quelque chose de plus concret.
@pilotedebord : le snipe dont je parlais c'est bien le talonnage en entrée/sortie de raboteuse ; et oui, la surlongueur c'est un réflexe que j'ai en ébénisterie, mais sur des bordés aussi fins je me demandais si ça suffisait ou si d'autres techniques s'imposaient en naval. Ton argument sur l'époxy me parle : si les rivets et le gonflement du bois assurent l'étanchéité naturellement, effectivement l'époxy n'a pas sa place là-dedans. Le saturateur D4 pour un bateau qui rentre à la maison après chaque sortie, c'est une piste simple et pragmatique.
@Kerieg : très instructif le retour sur l'échauffement sous époxy sur feuillus avec aubier. Je suis bien averti. L'expérience des canots bretons au mélèze + peinture huile m'intéresse ; c'est une tradition qui a fait ses preuves visiblement. Pour le chêne sessile en immersion tu confirmes donc l'acacia sans aubier comme alternative préférable ?
Je reviens avec un plan dès que possible. Merci encore.
@wedell : tu as raison, je vais chercher un plan ou au moins un croquis à partager. C'est un canot à clins classique type norvégien, mais je vais tâcher de mettre quelque chose de plus concret.
@pilotedebord : le snipe dont je parlais c'est bien le talonnage en entrée/sortie de raboteuse ; et oui, la surlongueur c'est un réflexe que j'ai en ébénisterie, mais sur des bordés aussi fins je me demandais si ça suffisait ou si d'autres techniques s'imposaient en naval. Ton argument sur l'époxy me parle : si les rivets et le gonflement du bois assurent l'étanchéité naturellement, effectivement l'époxy n'a pas sa place là-dedans. Le saturateur D4 pour un bateau qui rentre à la maison après chaque sortie, c'est une piste simple et pragmatique.
@Kerieg : très instructif le retour sur l'échauffement sous époxy sur feuillus avec aubier. Je suis bien averti. L'expérience des canots bretons au mélèze + peinture huile m'intéresse ; c'est une tradition qui a fait ses preuves visiblement. Pour le chêne sessile en immersion tu confirmes donc l'acacia sans aubier comme alternative préférable ?
Je reviens avec un plan dès que possible. Merci encore.
- wedell
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Re: Premier projet canot : choix du chêne pour la quille et rabotage des bordés
Chêne rouvre ou pédonculé, les deux sont excellents, peut être un peu plus fendif pour le dernier mais c'est sans importance si il est de fil .
L'acacia est immensément solide et ne craint pas l'eau, même laissé brut, par contre il a tendance à se "jeter". Embêtant pour une quille ou une étrave ; c'est pourquoi on l'utilise plutôt pour les membrures ployées à la vapeur, les courbes de banc, l'étembrai, l'accastillage ou même les varangues.
Pour les bordés, si tu n'as pas l'intention de mettre un tissu époxy dessus, il vaut mieux éviter le red cedar qui est un bon bois mais beaucoup trop tendre. Le mélèze est supérieur à tout points de vue, le poids excepté .
Si ta bécane est bien réglée tu peux descendre à 7mm sur du mélèze, à condition 1) de bien plaquer sur la table, 2)de lever en sortie, 3) de prendre du gras. (À ce propos, tu parles de 3,50m mais c'est plutôt 4,20 qu'il faudra, surtout si c'est un norvégien) 4)prendre 1/2mm pour les dernières passes.
Ta dernière question nous ramène au début : le choix du mode de construction.
Classique : pas de colle, assemblages par tenons, mortaises, queues d'aronde, bouvetage, vis boulons, rivets. La suite logique passe par les produits de base: Minium, mastic de vitrier, enduit gras, peinture à l'huile, brai de pin.
Hybride : Mêmes assemblages que précédemment mais collés. C'est plus solide mais aussi plus difficile à réparer.
Collé : Assemblages simplifiés, on peut se passer d'une partie du chevillage de la charpente mais pas du rivetage des bordés si construit à clins.
C'est pour ça qu'un plan de la chose serait le bienvenu.
L'acacia est immensément solide et ne craint pas l'eau, même laissé brut, par contre il a tendance à se "jeter". Embêtant pour une quille ou une étrave ; c'est pourquoi on l'utilise plutôt pour les membrures ployées à la vapeur, les courbes de banc, l'étembrai, l'accastillage ou même les varangues.
Pour les bordés, si tu n'as pas l'intention de mettre un tissu époxy dessus, il vaut mieux éviter le red cedar qui est un bon bois mais beaucoup trop tendre. Le mélèze est supérieur à tout points de vue, le poids excepté .
Si ta bécane est bien réglée tu peux descendre à 7mm sur du mélèze, à condition 1) de bien plaquer sur la table, 2)de lever en sortie, 3) de prendre du gras. (À ce propos, tu parles de 3,50m mais c'est plutôt 4,20 qu'il faudra, surtout si c'est un norvégien) 4)prendre 1/2mm pour les dernières passes.
Ta dernière question nous ramène au début : le choix du mode de construction.
Classique : pas de colle, assemblages par tenons, mortaises, queues d'aronde, bouvetage, vis boulons, rivets. La suite logique passe par les produits de base: Minium, mastic de vitrier, enduit gras, peinture à l'huile, brai de pin.
Hybride : Mêmes assemblages que précédemment mais collés. C'est plus solide mais aussi plus difficile à réparer.
Collé : Assemblages simplifiés, on peut se passer d'une partie du chevillage de la charpente mais pas du rivetage des bordés si construit à clins.
C'est pour ça qu'un plan de la chose serait le bienvenu.
Le bois, c'est comme du contreplaqué massif en plus beau.