Voile bi-surface sur mât télescopique

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Lysandre
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Voile bi-surface sur mât télescopique

Message non lu par Lysandre »

Bonjour à tous,

Comme précisé dans mon sujet sur le bateau solo, je veux réaliser une nouvelle voile permettant d’augmenter significativement le domaine de navigation de mon Bateau Solo, notamment dans le but éventuel de faire un périple d'une semaine le long d’une côte méditerranéenne.

Aujourd’hui ma voile au tiers fonctionne pas trop mal, mais elle présente de nombreux inconvénients qui la rendent incompatible avec un tel périple:
- Trop petite pour naviguer de façon efficace sous une petite brise (elle ne fait que 1.5m² après tout)
- Centre vélique trop reculé, le bateau est trop ardent dans les rafales, au près il part totalement au loft car le gouvernail décroche.
- Hisser et affaler la voile est vraiment galère sur l’eau malgré des tentatives pour y pallier.
- Usage dangereux en vent arrière notamment car il est impossible d’empanner avec, et que la surface devient rapidement trop grande et le risque d’enfourner est réel.

Donc pour envisager mon périple, il me faut une voile résolvant tous ces problèmes: plus grande surface avec ris, meilleure performance, centre vélique grandement avancé quitte à avoir un bateau mous sous faible vent, et un moyen de ranger la voile facilement pour naviguer à la pagaie. Bref, fini la voile traditionnelle, il faut passer sur quelque chose de bien plus évolué :twisted:

Après mûre réflexion, une solution s’est imposée: faire une voile à 2 parois qui passe autour du mât pour être la plus avancée possible et ne pas être gêné par les questions d’amure tout en offrant les meilleures performances possible. Ça tombe bien car mon grand frère en a déjà fait une voile de ce type (lien) et il a pu me transmettre son expérience pour adapter le design à mes contraintes.

Je présente cette nouvelle voile dans un autre sujet car elle pourrait potentiellement être utilisée sur une autre embarcation, si par exemple je déménage un jour sur la côte atlantique et que je fabrique un kayak de mer (un vrai), ou même d’autre personne si ça intéresse !

Le mât

Un des premiers challenge pour faire une voile plus grande en s’épargnant l’encombrement d’une vergue, c’est de faire un mât plus haut. Or pour les besoins du périple, je dois pouvoir monter ou démonter le mât sur l’eau et le ranger sur un côté du pontage (l’autre côté servant à ranger la voile) avec donc une longueur disponible de 1.5m pas plus.

Exit donc un mât emboitable en deux parties, j’aurai du mal à ranger deux portions sur un côté du pontage et encore plus à l’assembler à plus d’1m de hauteur en étant assis dans un bateau pas hyper stable.

La solution c’est de faire un mât télescopique ! Il se range et se monte comme une moitié de mat, puis prend sa hauteur seulement quand le besoin se fait. L'emmanchement sur le pontage et la rigidité du mât fait qu’il n’y aurait pas besoin de hauban.

Ça peut paraître farfelu, mais au final faire la mécanique du télescopage était probablement le plus facile à faire de l’ensemble des améliorations à faire sur mon bateau (étanchéité, design de la voile, etc).

J’avais deux tubes en aluminium fin de diamètre 47 et 45 qui avaient servi à faire le mât sur des bateaux gonflables. Il ne sont pas emboitables mais pendant un temps j’ai eu l’idée folle de reprofiler le petit pour qu’il puisse rentrer dans le grand en laissant une gorge pour faire passer la drisse. La quantité de matière disponible était idéale pour le faire, ce qu’il fallait c’était profiler le tube en faisant passer en force un gabarit qui donne progressivement la forme. Ce gabarit je l’ai fait en impression 3D avec une bonne épaisseur, mais en forçant comme une brute dessus à la sangle à cliquet j’ai fini par le casser. Mauvaise idée.

J’ai cherché en vain un autre grand tube en aluminium fin qui puisse rentrer dans le grand, je me suis résolu à prendre un tube carré un peu petit et épais en magasin de bricolage. Au final ce choix était le meilleur pour faire fonctionner le télescopage : la forme carré permet de bloquer la rotation indésirable et laisse une place large pour les poulies intérieures, l’épaisseur compensant la taille. En revanche, la voile sera moins bien guidée sur la partie haute.

Astuce pour le hissage de la voile et du mât : les 2 fonctions sont reliées par un jeu de corde dans le mât, comme ça en hissant le mât ça hisse la voile aussi ! Pour la drisse de mât j’ai décidé de faire un renvoi par poulie à l’intérieur pour réduire l’effort à tirer à la main et que ça corresponde à la vitesse de montée de la voile.

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Du reste c’était assez simple à dessiner, des pièces en impression 3D font office d’interfaces et guides entre les tubes aluminium. Les poulies sont faites avec des petits roulements pour diminuer les frottements, sinon le mat à du mal à redescendre sous son poids. Pour le moment les pièces sont en PLA, mais plus tard elles seront réimprimées dans une matière plus résistante à la température (PETG ou ABS). La mécanique fonctionne pas trop mal pour le moment, j’espère que le sel n’y ajoutera pas trop son grain.



Au final ce qui a été le plus dur, c’était d’enlever complètement la mousse expansée que j’avais mis dans le tube un jour où j'avais peur de faire couler le mât ! Il a fallu fabriquer plusieurs outils sur mesure pour couper puis gratter tout l’intérieur du tube (un manche de balais en alu aiguisé pour perforer et enlever le gros à la main, une scie cloche en bout de tube motorisé pour enlever sur les parois, et le même montage mais avec de la toile émeri pour les finitions).

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Quant à l’aspect sécurité pour ne pas que le mât coule immédiatement dans les abîmes lors d’une fausse manip, j’ai fermé le mat du mieux que j’ai pu pour que j’ai le temps de le récupérer avant qu’il ne coule.

La voile

Fort du premier challenge accompli il fallait passer à la voile, et j’ai fait face à une montagne de difficultés ! (comme pour la première en fait).

L’idée c’est d’avoir une voile de 2m² à deux parois qui passe autour du mât avec des joncs qui permette à la voile d’être en avant du mât, résolvant alors les questions de centre vélique, d’amure et de performances.

Pour faire une plus grande surface il faut inévitablement faire une voile plus haute que la voile au tiers. Pendant la conception du Bateau Solo j’ai été tenté un moment de faire une voile haute et allongée sur un grand mât, ce que j’ai finalement rejeté sous les conseils du forum et mes calculs qui annonçaient un problème pour tenir la gîte. Mieux valait une voile peu allongée pour descendre le centre vélique. Au final à l’usage je n’ai jamais été en difficulté de tenir la gîte avec la voile au tiers (notamment grâce à la pagaie en travers qui empêche efficacement les chavirages) et je me sens capable de contrer une voile plus haute. Avec les dimensions du mât télescopique j’en ai déduis que je pouvais faire une voile de 2.2m de haut.

Ensuite la forme de la voile. Les profil elliptique sont réputé être les plus performant mais plus aussi complexe à fabriquer, mais c’est aussi bien plus classe et ça été la raison principal de mon choix. Avec une hauteur de 2.2m, une envergure de 1.1m et une vergue de 40cm j'atteins les 2m².

Le profil est positionné pour que le foyer de la voile (le centre des efforts, normalement situé au ¼ de la corde pour un profil mince symétrique) soit aligné avec le mât en tout point de l'envergure. L’idée étant d’avancer au maximum le centre vélique mais pas seulement : ça minimise le moment piqueur qui fait des voiles classiques des girouettes qui s’aligne au vent. Il me faudrait alors beaucoup moins d’effort pour tenir l’incidence de la voile et surtout beaucoup moins de tension verticale pour limiter le vrillage (néfaste sur une voile de cette taille). Le risque d’instabilité du profil dans le vent à été écarté pour le moment par l'expérience de mon grand frère en la matière.

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Les initiés reconnaîtront le profil des ailes de Spitfire, ce qui n’est pas un hasard !

Vient alors la question épineuse des joncs à ajouter pour que la voile puisse tenir si loin en avant du mât. Mon grand frère s’est inspiré des techniques de confection de parapente et de kite : il a cousu des nervures dans la voile et écarté le tout par des joncs en fibre de verre, un jonc circulaire dans chaque nervure pour être guidé sur le mât. La flexion limitée des joncs lui à obligé à faire un profil très large et qui aurait été trop encombrant sur mon bateau. De plus, la quantité de couture à faire m’a paru excessive et j’ai cherché à simplifier le concept.

L’idée était de préformer les joncs pour se passer de nervure cousu et faire un profil étroit que je peux ranger sur le pontage. Des premiers essais avec du filament d’impression 3D chargé (nylon + carbone) ont rapidement montré que ça ne sera pas assez rigide.

J’ai donc opté pour des joncs en corde à piano diamètre 2mm acheté sur boutique modélisme internet. Un poil lourd, mais formable à froid et suffisamment costaud (calcul RDM à l’appui). La question sur laquelle j’ai tergiverser trop longtemps c’est jusqu’où faire avancer les joncs. Tenir de façon neutre le profil par le foyer à ¼ de la corde n’a de sens que sur un profil rigide. Or si j'arrête les joncs en début de corde, il y a des chances que le profil se plie sous les efforts. Cette inquiétude à été pour le moment répondu par l’expérience de mon grand frère qui dit de ne pas arrêter les joncs avant ⅓ de la corde. Ça m'a laissé un peu de liberté pour ne pas ajouter des joncs trop longs et trop lourds sur la voile, mais surtout pour pouvoir cambrer le profil !

Et oui car non seulement je compte sur une surface supérieure réductible pour augmenter le domaine de navigation, je veux aussi pouvoir changer la cambrure et chercher le plus grand domaine de vent possible, aussi bien le faible que le fort. Pour ça il faut que le profil puisse se plier à la manière des ailes des trimarans F50, ça peut se faire assez facilement avec une tension horizontale contrôlée par une bôme télescopique (tout est télescopique au final !) Idéalement il faut des lattes en fin de profil pour que la courbure ne se décale pas dans une forme non performante sous les efforts du vent, or puisque je fais une voile elliptique j'aurai justement besoin de joncs en fin de profil ! J’ai donc opté pour un jonc rigide et formé en début de profil pour donner la courbure de bord d’attaque et tenir le guidant en avant du mât, et un autre jonc en fin de profil plus souple pour donner un bord de fuite elliptique et limiter la cambrure arrière du profil.

Pour le jonc de début de profil j’ai eu différente idées, celle que j’ai retenue au final est de cintrer je jonc en corde à piano en son milieu pour donner la courbure du bord d’attaque, puis de ramener par couture les deux extrémités en un même point pour cambrer légèrement le reste du jonc. En faisant de la sorte je peux passer en simple surface sur la deuxième moitié de la voile et gagner un peu en poids et simplicité, mais aussi créer un caisson rigide en torsion sur la première moitié de voile qui réduira l’effort vertical à fournir pour limiter le vrillage.

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Annexe. Pour dessiner précisément le profil résultant et l’outil de cintrage, j’ai mesuré la déformation élastique maximale de la matière de façon très simple : j’ai imprimé un diagramme de courbure (que j’ai dessiné moi même) et j’ai plié le jonc jusqu'à une certaine courbure, en le relâchant il restait une certaine courbure et l’écart permet de calculer la déformation élastique maximale en négligeant un éventuel écrouissage, 0.8% dans le cas de la corde à piano.

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J’ai dessiné le profil pour que la matière soit en permanence courbée à la moitié de sa capacité et en approximant la déformé par une parabole dans le dessin.

J'avais prévu au début de guider la voile sur le mât par différente façon (tige en travers, anneaux), je n’ai pas trouvé de bonne solution et je compte uniquement sur l’appui latéral du jonc contre le mât. Après tout la résultante aero d’un profil est normal à la corde à +/- 10°, je pense pouvoir donner suffisamment de tension verticale avec la bôme pour contrer le reste de la force tangentielle (dont j’ignore encore la direction !).

Pour ce qui est de la tension verticale, j’ai décidé après mille réflexion de me passer de guindant car trop compliqué à mettre en œuvre et que mon grand frère confirme que c'est dispensable sur ce genre de voile (c’est bien l’avantage des voiles en partie rigide, ça demande moins de tension !) C’est donc en appuyant sur la bôme que je vais tendre la voile. Cette bôme m’a aussi fait une quantité de nœuds dans le cerveau car je voulais appuyer sur le point d’amure et d’écoute afin de tendre proprement la voile, mais la présence du mat au milieu rend la chose difficile. J'avais aussi deux autres grosses contraintes à respecter, le réglage en longueur pour changer la cambrure de la voile, et le fait de pouvoir poser la bôme sur le pontage avec la voile affalée. Je me suis rendu compte de l’importance de cette dernière contraintes en situation délicate avec la voile au tiers : je dois pouvoir très rapidement affaler la voile et pagayer pour me mettre en sécurité. Exit donc une bôme droite en pivot sur le mât, l'hiloire sera trop gênant pour la poser correctement. Je vais tenter une bôme un peu particulière car articulée et télescopique en même temps. Ça permet d’appuyer sur une nervure solide qui répartit un peu la tension verticale. Il restera un degré de liberté que je compte verrouiller par la pression du vent et un peu aussi à la force du poignet.

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En haut de voile une nervure rigide similaire permet le tronquage de l’ellipse.

La voile est dessinée sur Onshape que j’ai découvert par le travail. C'est un logiciel gratuit, facile à prendre en main et qui depuis peu permet de faire les développés. Comme pour le reste du bateau, je vais imprimer sur des grandes feuilles les patrons pour couper précisément le tissu.

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Voilà pour la partie théorique sur la voile ! Maintenant il faut faire, et c’est pour bientôt car j’ai déjà réuni tout ce qu’il faut : du tissu qui va bien, une machine à coudre qui fonctionne désormais très bien et des techniques de fabrications que j’ai commencé à tester, reste vos commentaires ! :D
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Padélis-Célakélos
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Re: Voile bi-surface sur mât télescopique

Message non lu par Padélis-Célakélos »

Je prépare des Roudor, un litre de café et je m'attelle à la lecture :wink:
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Re: Voile bi-surface sur mât télescopique

Message non lu par Padélis-Célakélos »

Et bien :shock:
C'est complet :D
Dans un premier temps deux petites choses m'interpellent :
1° La rigidité du mat entièrement déployé.
2° La corde à piano rouille vite, surtout à l'air salin. prévoir une protection ou ta voile en portera rapidement les traces :smt006
En tout cas :tchin:
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Re: Voile bi-surface sur mât télescopique

Message non lu par Lysandre »

Merci !

Oui la corde à piano doit être protégé (verni, peinture ou scotch). J'avais hésité avec une tige inox, mais n'y faisant pas spécialement plus confiance en matière de corrosion j'ai décidé de prendre une matière la plus élastique possible en cas de mauvais usage.

Pour le mat j'ai déjà testé en tenant le haut du mat par une corde et en me penchant au plus fort dans le bateau (la source de force la plus élevée possible) et ça ne pliait pas trop. Je me dit qu'avec la force répartie de la voile sur le mât ça sera encore mieux.
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Re: Voile bi-surface sur mât télescopique

Message non lu par Lysandre »

Voici enfin les nombreuses avancées de ce nouvelle voile. Comme pour le bateau j’ai été retardé par d'autres projets, et ça fait tellement longtemps que je travaillais sur cette voile que j’étais hyper impatient de finir la confection !

Le design n’a pas changé depuis la dernière présentation, voici dans l’ordre toutes les étapes.

La matière

La matière m’avait posé beaucoup de problèmes lors de la précédente voile, notamment sur l'approvisionnement. Cette fois ci j’ai eu de la chance grâce à mon travail d’obtenir un tissu de Montgolfier avec le grammage cherché !

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Sa couleur gris foncé m’allait bien avec l’idée que cette voile ne serait pas de style traditionnel mais au contraire moderne à l'image des ailes de F50.

La machine à coudre

Sur la précédente voile j’ai eu beaucoup de difficulté à coudre sans faire froncer le tissus et tous les défauts que ça apporte. Aussi elle était dans un mauvais état et tournait très mal juste avant le projet.

Je me suis lancé dans une grosse rénovation de cette machine : lubrification intensive, nouvelle aiguille fine, pieds de biche téfloné, et …. rabotage de la griffe. :!:

En fait, j'étais convaincu que la raison du tissu du dessous qui fronce plus que celui du dessus venait du système d'entraînement par griffe. Si la griffe ne tire que de la matière cousue alors il ne pourrait pas y avoir de décalage, j’ai donc raboté la partie de la griffe devant l’aiguille, soit plus de la moitié.

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Après toutes ces modifications, j'avais une machine bien plus efficace et capable de coudre sans décaler intempestivement la matière. Etait-ce grâce à ce rabotage grossier de la machine ? Avec du recul je pense que la modification ayant eu le plus d’impact est le changement d’aiguille par une neuve et fine, un piquage grossier va enfoncer la matière dans la machine et créer un micro décalage à chaque point que seul une tension à la main peut palier (il faut dans tous les cas tendre le tissu c’est mieux)

La griffe plus courte à posé quelques soucis pour commencer les coutures en bords de matière, mais autrement aucuns défauts, tant mieux car c’était censé aider ! :lol:

Découpe des pièces

Pour découper les pièces rien de nouveau : impression papier des patrons, épinglage du tissu avec le patron dessus sur ma table sacrificiel, puis découpe au cutter puis plus tard en glissant les ciseaux a peine ouvert (bien plus efficace).

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L’assemblage des panneaux

Malgré une machine plus performante, je ne voulais surtout pas retomber dans l'écueil de la voile précédente où les panneaux ne finissaient pas au même bout. Sur cette nouvelle voile les courbures doivent matcher sinon ça fera trop de plis.

J’ai envisagé un temps de commencer la couture en milieu de panneau où les courbures doivent être bien en face, le tout en refaisant un guide de couture pour garantir la longueur de recouvrement des pièces. Mais je me suis souvenu que j’avais acheté du scotch double face spécial sellerie. Alors ce scotch il ne faut pas coudre dessus car ça encolle la machine et les points sautent, mais dans ce design j’ai un recouvrement de 2cm pour faire passer facilement les joncs (pour une fois que je me donne de la marge dans mes designs !). J’ai donc eu l’idée de mettre un scotch double face temporaire à côté de la couture !

L’assemblage au scotch est assez facile et il est toujours possible de reprendre.

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La couture est un vrai régal à faire ! :D

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Puis viens la contrepartie de scotcher avant la deuxième couture. Très fastidieux mais peu de risque d'erreur donc ça peut être fait à tête reposée.

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Voici le rendu final, moi je suis content ! :D

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Pour la fenêtre j’ai trouvé comme sur l’autre voile un emballage qui m’a semblé adéquat. C’est assez mou dans les faits, et étant pas loin du point d’application des efforts j’ai été inquiet que ça se déforme.

Les nervures

En haut et en bas de la voile se situent des nervures rigides. Je les ai faites en deux morceaux de contreplaqué 10mm reliés par des plats en aluminium, le tout assemblé par des vis trop grosses.

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En vis à vis des pièces en bois il y a des pièces en tissu de la même forme pour faire passer les efforts. Ces pièces sont cousues en suivant le profil du bord d’attaque, cette couture a été un véritable enfer à faire proprement ! Après plusieurs tentatives vaines à coudre à la machine, j’ai fini par avoir l’idée d’utiliser les nervures en bois pour faire un assemblage au scotch in situ. Pour la nervure haute j’ai fait une couture à la main car je ne voyais pas comment faire autrement.

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Puis j’ai eu l’idée pour la nervure basse de détacher la nervure tissus de la nervure bois (assemblé au double face) et de tenter une couture machine bien plus solide. J’ai dû aller en faisant tourner la machine à la main dans la courbure mais ça l’a fait !

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Résultat :

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Au final je suis content d’avoir craint cette étape et de ne pas avoir cousu des nervures tout du long de la voile !

Les joncs

Justement pour éviter la couture de nervure j’ai eu l’idée de cintrer des joncs en corde à piano. Mais ça n’a pas été facile non plus.

J’avais calculé la déformation élastique de la corde à piano avec mon graphique puis j’avais pu dessiner grâce à ça un outil de cintrage censé faire le bon rayon de courbure. Il s’avère que ça n’a pas marché, probablement à cause de l’écrouissage de la matière. :?

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Je n’ai pas eu le courage de réimprimer un autre outil, j’y suis allé à la main avec différents outils pour arriver plus ou moins au bon profil en rejoignant les bouts (seul la courbure du bord d’attaque est permanente, le reste c’est déformé élastiquement).

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Après les avoir enduits de vernis marin (j’espère assez, j’ai été impatient), il a fallu les enfiler dans les poches prévues à cet effet. Ça n’a pas été simple pour les deux joncs de la fenêtre car à cet endroit la longueur et la largeur du panneau sont très défavorables, et le plastique de la fenêtre s’accrochait beaucoup au caoutchouc des embouts. Il a fallu ruser avec du scotch à papier, de la patience et beaucoup de précaution pour ne pas déchirer la fenêtre.

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Fermeture du caisson

Une fois que tout ce qui doit être cousu sur le caisson a été fait, (bosse de ris par exemple) vient l’étape de fermer ce caisson en rejoignant les bouts des joncs entre eux. Pour ça j’ai cousu en une fois les butées de chaque côté du jonc pour le maintenir fermer par la même occasion. Il fallait pour ça rapprocher l’aiguille le plus possible de l’embout du jonc sans être gêné par la bosse qu’il fait, et j’ai retiré la partie plane du pied de biche pour gagner en place. Curieusement ça a bien marché !

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Avant de faire cette couture, j’ai garanti l’alignement des panneaux par du double face temporaire. Je commençait à bien l’aimer ce double face car sans lui tout aurait été de trop mauvaise qualité !

Assemblage de la traîne

Vient alors la partie la plus délicate, l’assemblage du caisson avec la traine qui est en une seule pièce.

J’ai commencé naïvement à bâtir en épinglant les deux grands morceaux, laissant déjà entrevoir des écarts inattendus (je me suis trompé de 1cm sur la hauteur de traîne). Puis j’ai essayé de coudre le tout en faisant en sorte d'aligner 3 bords en étant gêné en permanence par les joncs. C'était une catastrophe et j’ai du tout découdre ! :cry:

Le problème c’est que j’avais prévu 1cm de recouvrement entre ces deux pièces, exit donc mon astuce de double face mis à côté de la couture. Le seul moyen que je voyais d'aligner proprement 3 bords en gérant tous des défauts de confections, c’est de coudre sur le double face. J’ai regardé un peu sur internet comment les gens font, j’ai vu qu’il existe des aiguilles spéciales anti colle. Ça m'a donné l’idée d’asperger abondamment l'aiguille de lubrifiant silicone ! (les films anti adhésif sont siliconés) J’y suis allé au culot sans trop faire de test préalable en cousant 3 épaisseurs de tissus et 2 épaisseurs de double face, et ça à marché du tonnerre ! (moyennant une lubrification régulière au WD40 silicone, seul un point à sauté)

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Maintenant avec cette technique je pourrais faire n’importe quelle couture ! :twisted:

Joncs de bord de fuite

Derniers détails, les joncs de bords de fuite qui servent à donner une chute elliptique. Je l’ai prévu sur le design à mis longueur de la lèze simple surface. J’ai senti depuis le début de la confection qu’il faudrait probablement les rallonger et les faire plus raide, mais j’ai acheté en bon radin 4 tiges diam 1.5mm de fibre de verre, le strict minimum. Je m’en suis tenue au design mais j’ai cousu de sorte à pouvoir les changer si le besoin se fait.

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Enfin le point d’écoute. Finalement j’ai abandonné l’idée d’une bôme télescopique et je me suis tenue à un design plus traditionnel avec un œillet et une bosse d’empointure.

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La bôme

J’ai fait une bôme en bois, je mettrai plus de détails quand elle sera finie.

Premiers hissages

J’ai pu faire mes premiers hissages avec la voile.

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Le mât télescopique fonctionne bien mais il faut hisser fort car il y a du poids et des frottements.

Il n’y avait pas de vent mais rapidement je me suis rendu compte de la prétention de cette invention de voile : j’ai eu du mal à me dire que le vent gonflerait la voile dans le bon sens. A voir, mais j'imagine qu’il y aura de la mise au point notamment avec les joncs de fuite.

Quant à l’aspect praticité, je crois que je me suis trompé sur le fait que j’y gagnerai avec une telle voile, 3m² de tissu ça prend de la place sur le pontage ! Sans compter les galères pour mettre la voile sur le mat, mais tout ça viendra plus tard quand j’aurai une voile qui se gonfle bien.

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En tout cas me voila déjà plus serein d’avoir enfin cousu cette voile sur laquelle je bossais depuis trop longtemps ! :D Pas beaucoup de vent en perspective, peut-être demain.
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Re: Voile bi-surface sur mât télescopique

Message non lu par Padélis-Célakélos »

Je me demande si ta voile ne fonctionnerait pas mieux sur la partie arrière si tes joncs en 1,5 étaient en continu et même fixés dans l'axe sur la partie en CP.
De manière à rendre l'écoulement d'air plus fluide, sans cassure, un peu comme sur une voile entièrement lattée.
Mais j'improvise dans ma réponse, ne connaissant pas le fonctionnement des voiles caissons :tchin:
17H10 J'édite car je médite : Il semble que la réponse soit dans ta prose au dessus :D
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Re: Voile bi-surface sur mât télescopique

Message non lu par Padélis-Célakélos »

PS :
Pourrais-tu me donner en MP ou sur le forum , le lien de ton fournisseur de tissu de Mongole-fière ?
Il ressemble furieusement à du tissu de spi et je cherche un fournisseur à prix honnête ( si ça existe :? )
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Re: Voile bi-surface sur mât télescopique

Message non lu par Lysandre »

Padélis-Célakélos a écrit : 16 juin 2025 15:51 PS :
Pourrais-tu me donner en MP ou sur le forum , le lien de ton fournisseur de tissu de Mongole-fière ?
Il ressemble furieusement à du tissu de spi et je cherche un fournisseur à prix honnête ( si ça existe :? )
Je n'ai malheureusement aucune fournisseur à te communiquer. Ça venait directement des stocks de mon travail (maintenant ex) et je ne pourrait plus m'en réapprovisionner.

J'ai pu faire le premier test de la voile, et c'est un échec. :smt086

Alors le hissage sur le mât télescopique va bien, sauf un passage de poulie qui coince parfois la nervure.



Par contre ma plus grosse crainte s'est avéré justifié : le profil est instable dans le vent. :(



J'y suis allé directement sur l'eau et j'ai bien failli me retourner à cause de ça, je suis même parti en marche arrière ! Encore une fois la pagaie en travers m'a protégé de situation autrement irrécupérable !

C'est pas tout le temps instable, quand le vent allé bien j'ai pu sentir une puissance nettement supérieur à la voile au tiers, donc il y a du potentiel. Très peu d'effort dans la bôme, justement difficile de sentir la réaction de la voile.

Mais alors pourquoi cette instabilité ?

Déjà le vent lui même n'était clairement pas stable, 100% rafaleux, infecte. Impossible de savoir à quelle incidence et force ça devenait instable car impossible de savoir d'où venait le vent.

Ensuite on peut voir dans la vidéo que le bord de fuite plie en arrière, réduisant la pression derrière le mat et laissant gagner celle de devant qui déstabilise. Donc ce qui était prévisible doit être fait : latter sur toute la largeur de la traine.

Mais ça ne sera pas suffisant car cette instabilité est trop dangereuse pour naviguer. Il n'y a pas le choix que de reculer la voile sur le mat pour reculer le centre vélique derrière le pivot. Ça suppose de découdre les nervures haute et basse, d'en refabriquer et de les assembler autrement que par couture car il n'y aura plus cette possibilité vue que tout est fermé. Je pense à des nervures en plat aluminium cintré, et le tissus riveté dessus avec des rivets pops. Pas ouf d'un point de vu qualité, mais ça doit être résistant.

Ce décalage il ne pourra pas être très grand car il ne reste que 7cm sur la nervure haute. Est ce que ça sera suffisant ? Il y a intérêt car sinon je n'aurai d'autre choix que de jeter la voile...

Quand à pourquoi je suis tomber dans le panneau si grossièrement, c'est parce que je me suis basé sur l'expérience de mon grand frère pour qui mettre le mat à 1/4 de la corde a fonctionné. Sauf qu'il a fait une double surface jusqu’au bord de fuite et avec un profil bien plus large, donc bien plus rigide même sans mettre des joncs jusqu'au bout comme j'ai fait. Aussi la forme elliptique de ma voile rend le bord de fuite moins raide et plus susceptible de décambrer, là où lui a fait simple avec une voile trapézoïdale.
Bref je suis allé trop loin par rapport à une expérience que je ne connaissait pas suffisamment ! Maintenant je doit découdre...
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Padélis-Célakélos
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Re: Voile bi-surface sur mât télescopique

Message non lu par Padélis-Célakélos »

Lysandre a écrit : 17 juin 2025 09:15 Donc ce qui était prévisible doit être fait : latter sur toute la largeur de la traine.
En effet on voit bien la voile faseyer entre les caissons avant et les joncs arrière, cette partie semble très perturbée
Je bois(e) sans soif !
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Re: Voile bi-surface sur mât télescopique

Message non lu par to »

J'ai l'impression que le bas de la voile est plus stable que le haut.
Pour les voiles de jonques ils conseillent de ne pas dépasser 25-30% de la surface de voile devant le mât pour éviter l'instabilité.
Faire et défaire, les joies de l'expérimentation !
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Re: Voile bi-surface sur mât télescopique

Message non lu par Lysandre »

Je suis à 25% mais avec des joncs qui ne sont pas continues entre le bord d'attaque et le bord de fuite.

Le bas et tenue par la bôme donc plus rigide.

En fait je comprend mieux maintenant quand l'instabilité se produit, c'est quand le vent forci trop le profil se casse littéralement, à vent plus faible la tension dans la voile suffit à tenir proprement le profil.
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Re: Voile bi-surface sur mât télescopique

Message non lu par Lysandre »

Content que ça puisse t'inspirer ! Tu fais quoi comme projet ?

J'ai pu faire les modifications sur la voile et la tester à nouveau.

Niveau modification, j'ai entrepris de décaler le passage de mât dans la voile le plus possible en arrière, c'est à dire limité par le bord d'attaque du bout d'aile (7cm). Pour ça il a fallu découdre les nervures et les remplacer par des nouvelles avec un passage de mât différent. J'ai fait les nouvelles nervures comme imaginé au début avec des plat d'aluminium cintré et le tissu riveté dessus. Niveau méca ça marche pas trop mal si ce n'est que les rivures interfèrent souvent avec la drisse qui passe dans les nervures (je vais faire des rivets flush pour résoudre cet aspect peu pratique du tout). J'ai aussi mis les joncs de bout en bout sur la simple surface. Maintenant la voile à une belle forme à part le dernier panneau qui a un plis.

Image

Et j'ai cousu un sac à voile pour la ranger proprement sur le pontage :D

Image

Une cordelette qui relie les nervures pour tenir la voile prête à enfiler sur le mât (ça marche !)

Image

Après les premiers tests j'ai aussi ajouté un cunningham bricolé sur le parking car je me suis rendu compte qu'il fallait une bonne tension verticale pour assurer un beau profil (et une stabilité, j'y reviens plus bas)

Image

Alors quid des tests ? :?:

J'ai commencé à l'étang de Bages car c'était le seul endroit où il y avait un peu de vent sous cette canicule. Mais c'était une erreur car le vent était assez fort pour un premier test bien que peu rafaleux, et surtout il y avait plein de vagues, du sel, et des cailloux sur le rivages ! C'est à cause de ces cailloux que j'ai du embarquer loin du rivage et que je suis tombé à l'eau, mouillant en bon marin d'eau douce mon téléphone et mes clés de voitures avec du sel (les deux foutus :evil: ) donc pas de vidéo de cette journée. J'ai quand même pu naviguer plusieurs heures et remonter le vent à 60° sur plus d'1km de remonté, avec et sans ris, le tout dans une houle de longueur d'onde d'environ 2m (hauteur 30cm je pense). Finalement les vagues ça allait avec la jupette, c'était presque ludique ! La pagaie en travers touche souvent l'eau mais rarement ne gêne. Retour avec un bord au portant où j'étais moins à l'aise avec les vagues, puis un vent de dos comme imaginé avec une demi voile en tenant la drisse à la main et en écartant la voile avec l'autre, prêt à réduire la surface à la moindre rafale car il est dangereux de vouloir aller plus vite que la vitesse de carène.

Durant ce premier tests j'ai encore été embêté parfois par l'instabilité de la voile qui s'était produit quand le mât était à 25% de la corde. En fait c'est comme quand une voile faseille mais avec une grande amplitude et surtout une force latérale oscillante conséquente ! Sans ma pagaie en travers du bateau j'aurai chaviré à ce moment c'est quasi sûr. J'ai fini par comprendre que ça se produit quand l'incidence est faible, le vent trop fort, la voile pas assez tendu verticalement. Vous allez me dire que c'est normale qu'une voile faseille dans ces conditions, mais j'étais énervé que ça se produise si vite avec l'incidence, et ça ressemble plus à un phénomène de flutter connu en aéronautique. A cause de ce problème, impossible de virer de bord, sauf avec une prise de ris car la voile devient plus stable. Heureusement les empannages sont très faciles avec cette voile et j'ai pu naviguer à peu près comme je voulais.

J'ai fait d'autre tests en quittant l'eau salé car déjà certaine pièces avaient pris de la rouille en une après midi (notamment les œillets supposé en laiton :evil: ) C'est bien plus confortable l'eau douce, mais en contre partie le vent est très rafaleux ! J'ai pu naviguer doucettement par une légère brise du soir (15km/h je dirais) et j'ai pu voir à ce moment le gain par rapport à la voile a tiers où je n'aurai pas avancé dans ces conditions. Ensuite une remonté au vent du lac entier dans un vent alternant entre 10km/h et plus de 30km/h ! Le tout avec des directions de vents changeante à cause du relief, donc des instabilité de voile je m'en suis pris. Malgré tout j'ai parvenue à remonter le vent et prendre des vidéos quand ça allait bien.



Alors quid de cette voile au final ?

Ca marche pas trop mal et il reste un tas d'ajustement à faire encore. Je pense notamment à faire une écoute sur taquet, et des coinceurs aussi pour mieux tendre la drisse et cunningham (connaissez vous des petites poulie coinceur pour de la corde de 4mm ? :roll: ) Mais il y a un truc qui à tendance à m’énerver avec cette voile : cette envie qu'elle a de se gonfler dans le mauvais sens à la moindre faible incidence (je me suis pris des contre-gîte !) et qui fait qu'elle part carrément en oscillation forte quand elle n'est plus tenue. Il y a un phénomène aérodynamique que je ne pige pas encore.

Et aussi une autre déception, le bateau reste toujours ardent malgré un centre vélique avancé par rapport à la voile au tiers, ce même sans la dérive ! Ça suppose lors du vent latéral de compenser en permanence le loff alors que l'espace pour mes pieds dans la coque est vraiment incomfortable...

Je vais quand même faire les ajustements restants et essayer de creuser ce mystérieux phénomène, notamment en mesurant la vrai l'incidence avec un fanion (et pas celle que je ressens dans mes oreilles). Normalement à la fin du mois j'emmène le bateau au lac d'Embrun et ça sera l'occasion de faire plus de test.

Par contre ce qui est sûr c'est que je renonce mon projet de faire le tours de Minorque :cry: Clairement je ne suis pas prêt et je fait pas confiance en cette voile, ça plus le problème du sel qui va défoncer mon bateau, et le fait qu'accessoirement je ne peut pas trop me le permette car je suis à nouveau en recherche d'emplois avec potentiellement un gros déménagement à la clé :smt005

A la place je vais commencer à réfléchir à faire un bateau propulsé par les vagues :idea: D'abord en maquette, puis qui sait peut être bricoler un truc sur mon bateau qui malgré tout s'y prête assez bien au final. C'est marrant la réflexion sur ce sujet commence à m'éclairer sur ce qui se passe potentiellement quand la voile oscille.
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Re: Voile bi-surface sur mât télescopique

Message non lu par Rhénato »

Le rendu finale est encore bien meilleur.
Merci de partager tout çà avec nous
Cela me donne envie de faire un tour avec
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Lysandre
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Re: Voile bi-surface sur mât télescopique

Message non lu par Lysandre »

Quelques news sur ma voile.

J'ai fait quelques ajustements pour améliorer l'usage de la voile. Notamment j'ai ajouté une poulie à cliquets pour la drisse. C'est pas parfait, mais ça fonctionne et ça a le mérite d'exister pour un format très compact et fonctionne avec du 4mm. Je peux hisser à une main et gérer la voile avec l'autre (il y a souvent un truc qui coince au moment du hissage).

Image

Dans la quête permanente de équilibrer mon bateau sous voile qui est trop ardent, j'ai changer la quête du mat en déplacant le pied de mat, ça a avancé la tête de voile de 7cm en avant (donc quelques centimètre de centre vélique). Puis je me suis rendu à l'évidence que le plus efficace pour rééquilibrer mon bateau c'est de modifier le gouvernail. Plus gros est le gouvernail, plus en arrière est le centre de dérive ce qui va dans le bon sens, mais aussi meilleur est la contrôlabilité donc plus de facilité à contrer un déséquilibre.

J'ai donc acheté du contreplaqué pour refaire un gouvernail plus grand, mais pas trop car je veux pouvoir le ranger dans le coffre lors de mes excursions. J'aurai pu élargir le safran mais j'avais peur de la solidité du système.

Image

J'ai aussi ajouter un fanion en haut de mat pour voir l'incidence de la voile. Durant les nouveaux tests j'ai était rassuré que l'instabilité de la voile se produit effectivement quand l'incidence est proche de zéro. Ça se produit souvent car je navigue dans des régions au vent très turbulents, souvent à 100% (lac dans les terres) et la direction du vent peut facilement changer de presque 30° dans les risées ! Aussi il a le fait que je ne puisse pas border à plat simplement car mon corps gêne. Ça reste très embêtant, notamment c'est quasi impossible de virer de bord car ça fait trop de trainé quand ça faseille !

Aussi j'ai pu tirer des bords dans du bon vent latéral (20km/h, rafale à 30km/h) et comparer la voile double surface avec la voile au tiers. Ce qui jusqu'à présent n'était qu'une intuition s'est confirmé :

- Voile double surface 2m² : vitesse moyenne 4.9km/h, pointe à 6.2km/h
- Voile au tiers surface 1.5m² : vitesse moyenne 4.8km/h, pointe à 5.9km/h
- Voile double surface avec prise de ris 1.5m² : vitesse moyenne 4.5 km/h, pointe à 5.4km/h

Le constat est accablant : à surface égale la voile au tiers va plus vite, à vitesse égale la voile double surface demande bien plus de contre poids et d'effort de tension. Cette voile double surface n'est pas performante malgré tout me soins.

Alors j'ai gagné sur pas mal d'aspect, notamment beaucoup le montage et rangement du gréement sur l'eau est franchement facilité. Le mat télescopique fonctionne pas trop mal même si y a souvent un truc qui coince, la voile à ranger dans un sac et enfiler sur le mât est top. A l'opposé le fait qu'il faille enrouler la voile au tiers avec un espars en l'air c'est franchement galère. J'ai gagné aussi un peu sur l'équilibrage sous voile, le bateau est un poil moins ardent. J'ai gagné sur la navigation en vent arrière est les empannages sont désormais faciles, mais j'ai perdu la possibilité de virer de bord !
Le style de la voile me convient surtout quand elle est bien tendue, au moins je n'ai pas perdu sur cet aspect.

Mais alors pourquoi ce manque de performance ? Avec cette voile il n'y a aucun espar qui perturbe l'écoulement de l'air, l’allongement est bien meilleur. Au début je voulais croire uniquement au fait qu'une voile haute faisait plus de gite pour autant d'effort moteur, mais ça n'explique pas pourquoi avec la prise de ris la voile double surface est moins performante que la voile au tiers. La seul raison que je voie c'est que le profil doit être mauvais.

Et effectivement à y regarder de plus près, les courbure le long du profil ne sont pas bonnes : probablement la cassure quand je donne trop de creux tel que cela m'avait était remarqué, la traine quasiment pas courbé, mais surtout je pense le fait qu'à l'arrière du caisson les joncs n'ont pas de courbure du tout ! Ça pourrait expliquer pourquoi devient instable si tôt : la dépression se fait quand il y a une courbure sur le profil, et j'en ai que devant le mât donc forcément ça dégonfle la voile ! Sur l'image en dessous j'ai dessiné ce que je pense être le profil dans le vent avec la courbure en violet.

Image

Voilà c'est donc un joli raté de ma part d'avoir voulu passer outre la science et ne pas faire un vrai profil. Une modification pour palier à ça me semble difficile à ce stade même à tout découdre. Et mon envie de gréer mon bateau par une voile pratique et efficace reste à répondre. Je vais prendre le temps de réfléchir à quel gréement je pourrais faire à la place.

En ce moment je réfléchis à comment faire une voile sans mat : un kite sans ligne tenue proche du bateau et naturellement stable grâce à une attache innovante. Encore une fois mon bateau pourra servir de support pour cette invention ! :mrgreen: Mais cette fois je vais commencer par des protos à petite échelle avant de claquer 100 balles dans un kite de 2.5m².
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Re: Voile bi-surface sur mât télescopique

Message non lu par Marmotte »

Voilà c'est donc un joli raté de ma part d'avoir voulu passer outre la science et ne pas faire un vrai profil. Une modification pour palier à ça me semble difficile à ce stade même à tout découdre. Et mon envie de gréer mon bateau par une voile pratique et efficace reste à répondre. Je vais prendre le temps de réfléchir à quel gréement je pourrais faire à la place.

En ce moment je réfléchis à comment faire une voile sans mat : un kite sans ligne tenue proche du bateau et naturellement stable grâce à une attache innovante. Encore une fois mon bateau pourra servir de support pour cette invention ! :mrgreen: Mais cette fois je vais commencer par des protos à petite échelle avant de claquer 100 balles dans un kite de 2.5m².
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Voilà qui m'intéresse ! car je dois dire que jusqu'à présent c'était de l'ingénierie trop dure à digérée pour mon vieux petit cerveau et avancer sans mât au plus simple çà me va :smt005
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