Bonjour à tous, les news sur mon bateau.
J'ai pu tester il y a quelque temps en eau salé : la dernière portion du canal du Midi en fort vent et en mer calme.
J'ai pu faire face à des vagues plus hautes que le bateau, et il s'est avéré que l’hiloire verticale ne protège quasiment pas des paquets de mer ! L'eau glisse sans frein sur le pontage, heurte l'hiloire, monte à la verticale et retombe … dans le cockpit. C'était donc une modification à faire, mais il y en a eu plein d'autres à faire notamment pour préparer la navigation à la voile et les voici.
Aménagement du pontage
Tout d'abord j'ai retiré l’arrête du cockpit sur lequel mon dos était en contact et qui souffrait de l'angle pénétrant. J'y suis allé directement à la scie sauteuse avec une grande lame inclinée et au final ça s'est bien passé. J'ai aussi gagné un précieux centimètre d'allonge pour les jambes avec cette modification.
Ensuite j'ai réfléchi à faire un par-vague en impression 3D optimisé pour faire rebondir l'eau vers l'avant. Le design n'a pas marché du tout et finalement je l'ai fait avec une chute de CP10mm vissé en bordure haute d’hiloire et renforcé par deux gousset. Ça marche très bien en situation de test.
J'ai renforcé les surfaces d'appuis de la trappe pour ne pas que ça se casse quand je m'assois dessus (ce qui se produit quand je vais devoir remonter sur le bateau depuis l'eau).
Avec l'usage du bateau, je me suis rendu compte que tout le pourtour du pontage à angle vif était trop exposé au choc et s'usait prématurément. J'ai donc décidé de le renforcer avec une baguette d'angle en PVC. Le fait de faire cette baguette en noir m'a obligé à en prendre avec des dimensions du commerces trop grandes qui ne se cintre pas facilement, du coup j'ai dû thermoformer la baguette au fer à repasser et d'utiliser pleeeiiinnn de scotch pour le collage. Il y a 3 baguettes qui sont pliées à angle vif dans les coins, collées au Soudal et vissées aux extrémités.
J'ai remplacé la bitte d’amarrage en plastique qui me faisait passer le bout d’amarrage à travers le passage du mât par un taquet taillé dans du chêne massif vissé sur le pontage. Bien plus classe et plus pratique comme ça.
Ensuite j'ai réalisé les fonctions qui me permettront de réduire le risque du chavirage. D'abord j'ai mis un système permettant de poser solidement la pagaie en travers du bateau lors d'une navigation à la voile. Dans un premier temps je vais laisser la pagaie sans rien au bout et compter sur la surface des pelles pour ralentir le chavirage en cas de forte gîte, juste histoire de me laisser le temps de réagir.
Pour installer la pagaie comme ça, je la divise en 2 et je passe chaque demi pagaie sous une cordelette ajustée, fait un quart de tour pour la faire reposer sur un appui et je rejoins les demi pagaie. Le résultat est assez rigide mais un peu complexe à mettre en œuvre, l'alternative aurait été des brides à visser en impression 3D.
Les deux bouts qui courent le long du pontage sont des pédales qui permettrons en y mettant les pieds dedans (j'espère) à redresser le bateau et remonter dessus. Pour le moment je ne suis pas encore partisan de mettre des flotteurs latéraux car complexes à faire et à mettre en œuvre, donc cette fonction est nécessaire même si elle ne semble pas très pratique. Je changerai surement d'avis après mon premier chavirage
Toutes ces pièces ont été faites dans un lamellé de chêne, l'occasion de travailler au ciseau à bois sur du bon bois massif
Voilà donc pour ces nombreuses modifications ! Maintenant je me penche sérieusement sur la conception du gréement et je vais avoir besoin de vos avis.
Conception de gréement
Pour le choix du type de voile, au début je voulais rester dans le style authentique du bateau, mais le problème est que les gréements authentiques sont à corne, à livarde, à vergue etc. Mais vu la stabilité de la coque je ne peux pas me permettre de percher un espar à 3 m de hauteur sans risquer de déstabiliser complètement le bateau. Donc je me suis tourné vers un gréement bermudien, mais l'idée d'une voile triangulaire me paraissait peu élégante (je tiens beaucoup au style général du bateau), ça fait plus voilier de plaisance des années 50 que vraiment authentique.
J'ai de la chance que mon grand frère a de l'
expérience en matière de confection de voile . Il m'a dit que pour concevoir une voile il faut faire un bateau ardent, c'est-à-dire positionner le centre vélique un poil en arrière du centre de dérive qu'on peut estimer à 1/4 de la corde de la dérive en négligeant la coque. Alors faire un bateau ardent je suis d'accord, mais pas trop non plus car mon gouvernail risque de ne pas être suffisant pour compenser le lof ! Or avec une seule grande voile et une dérive globalement située en avant, plus le fait de naviguer avec une voile largement ouverte à cause du manque de stabilité et d'une possibilité limitée de se pencher pour compenser la gîte, je me suis rendu compte que tout pousse à rendre le bateau trop ardent !
C'est avec cette donnée que j'ai cherché à faire une voile de faible envergure pour avancer le centre vélique vers le centre de dérive, et que pour créer une surface suffisante tout en cherchant à augmenter les performances, je me suis finalement orienté vers .... une voile elliptique !
Ça serait donc une voile entièrement lattée, sans bôme (j'y reviens par la suite), très allongée et à la chute suivant la courbe d'une ellipse. Avec ça j'espère avoir de bonne performance aérodynamique avec une trainée induite minimisée. En plus niveau style, la forme en plume élancée donne au voilier un look qui me plait beaucoup

Même si au final le style n'est pas authentique mais au contraire moderne.
Autre avantage, pour une voile triangulaire à bôme j'aurai dû coudre une forme bombée avec des laize pour créer la cambrure, là je compte directement couper la voile entière en un morceau !
Niveau dimensions, la voile fait 1.6m², 2.8m de hauteur et 70cm d'envergure. Le centre vélique est aligné avec le centre de la dérive (1/4 de la corde pour les deux) ce qui rendrait le bateau théoriquement équilibré au près.
J'ai fait des calculs pour estimer les performances et comparer à la gîte que je suis en mesure de compenser, ce que j'ai pu mesurer assez simplement avec une balance :
J'en ai déduis que je pouvais compenser confortablement 55N.m de couple de gîte, et au maximum 75N.m. Au-delà , la position assise dans le cockpit m'empêche de me pencher plus.
Si je prend un coefficient de portance pour la voile de 1.2 et un coefficient de trainée de 0.3 (valeur au pif prise en fonction des nombreux graphes de
Wikipédia), que je considère une navigation à 5km/h (ma vitesse à la pagaie) sous un vent tranquille de 25km/h, j'ai réussi à déduire que la gîte sera confortable à une allure de vent latéral pure, et maximale à 75° du vent où il me restera 50N d'effort moteur, supérieur au 4-5kg d’effort intermittent que je fait à la pagaie pour une même vitesse. Tout est théorique bien sûr, mais ça laisse sous-entendre que je ne pourrai pas remonter au fond d'un lac étroit comme la Ganguise. Et vous, pensez-vous que j'arriverai à remonter le vent avec ce gréement ?
Voilà pour la partie théorique. Niveau pratique j'ai beaucoup d'autre question :
- Quelle grammage et quelle matière pour le tissu de la voile ? A Mondial Tissus
il y en a un qui me plait en polyester à 56g/m², mais mon grand frère me suggère de prendre du
skytex T4 à 38g/m², mais j'aime pas trop son aspect et le fait de l'acheter par internet. Les lattes seront faites en jonc de fibres de verre qu'il faut que je trouve.
- Je pense me dispenser de bôme étant donné que le point d'écoute sera toujours à portée de main et que la voile est entièrement lattée. Je compte crocheter un palan à ce point et y passer une grande écoute fixé aux deux coins arrières du cockpit, de cette façon je pourrais tendre avec un effort double la voile qui aura besoin d’une forte tension verticale afin de compenser le vrillage sur un allongement si grand. En fonction de où je tirerai le brin mous de l'écoute, je pourrai normalement régler l'angle d’incidence, la cambrure et la tension verticale. Est ce que ça vous parait crédible ?
- Est ce qu'il y a besoin de faire une ralingue ?
J'aurai sûrement d'autres questions au fur et à mesure que je confectionnerai la voile !