Bonjour à tous, ça fait un peu de temps que je n'ai pas posté de nouvelle car les finitions ça prend du temps ! Je voulais aussi vous faire la surprise du rendu final.
Ce fut donc long et laborieux et mon impatience m'a fait me précipiter sur l'enchaînement des tâches, qui n'ont donc pas été faites dans les règles de l'art ni toujours dans le bon sens. Ça se passe souvent comme ça quand je fais de la peinture : la monotonie de la tâche et mon impatience à vouloir voir le résultat final fait que je n'arrive jamais au niveau de finition que je m'imaginais.
D'abord la trappe, j'aurai passé plus d'heures que voulu dessus. La coupe de l'ouverture sur le pontage n'étant pas satisfaisante, j'ai commencé par ajouter le fameux mélange sciure fine et colle vinyle que vous m'avez suggéré (effectivement il faut de la sciure très fine pour un bon rendu, plutôt de la poussière de ponçage je dirais). J'ai scotché une plaque en plastique en dessous pour m'aider à faire tenir le mélange sur le bord.
Puis j'ai refait un tour de scie sauteuse avec mon compas. Il a fallu fixer temporairement un tasseau pour positionner le centre du compas. J'avais espoir de couper avec un diamètre plus petit pour mieux écraser le joint en P, mais en reprenant le même rayon qu'initialement prévu, je me suis retrouvé à recouper du bois par endroit, et à à peine effleurer la sciure collé ailleurs ! Bizarre, j'ai dû accidentellement ovaliser la coupe la première fois.
Donc l’étanchéité du joint en P n’était toujours pas parfaite. Je n'ai pas eu le courage de repasser un coup de mélange sciure/colle (en tout cas il était trop tard quand j'ai voulue le faire) et j'ai commencé à envisager de reporter mon salut sur un joint parapluie

Donc j'ai commencé à peindre les horreurs du chant sachant que la couleur ne sera pas visible une fois la trappe fermée. Aussi je me suis rendu compte qu'il fallait une surface d'appui, mon mécanisme ne verrouillant que dans un sens. Pour ça j'ai fait au plus simple : 4 rondelles coupées à la scie cloche vissées sous le pontage.
Le joint parapluie maintenant, son but est d’empêcher les gouttes d'eau de s'accumuler sur le joint P qui est aussi trop moche pour être laissé visible. Si le bateau se retourne, la pression de l'eau va le plaquer sur le pontage et il participera à l'étanchéité du caisson et augmenter la flottabilité dans cette situation. Je l'ai fait en le coupant dans une chambre à air de 26", tout juste le bon diamètre mais il avait tendance à se replier sur lui-même, ce que j'ai résolu en intercalant une ficelle entre lui et le joint en P pour le redresser. Pour sa pose je l'ai agrafé étant donné que le sicaflex ne tient pas assez bien sur le caoutchouc, le joint en P est quant à lui collé et pour le moment je n'ai pas eu de décollage. Pour l'occasion j'ai imprimer un outil spécifique pour guider l'agrafeuse et le joint, un peu surfait sachant que j'avais réussi une première fois sans, mais ça fait toujours plus propre
Le mécanisme est donc imprimé, la couleur n'est pas bonne mais c'est pas grave. La poignée aussi est imprimée et ça vaudrait le coup un jour de la refaire en bois noble tourné.
Et ça marche !!

On pose la trappe, on presse et on fait un quart de tours avec la poignée (dans le sens classique heureusement, j'avais oublié ce détail dans la conception et c'était une chance sur deux

), et ça reste en place. Pareil pour l'ouverture, c'est plutôt satisfaisant à utiliser.
En parallèle de cette trappe qui m'a pris tant de temps (mais ça valait le coup non ?), j'ai fait la peinture. J'ai gardé le pontage démonté le plus longtemps possible afin de simplifier les coups de pinceaux. Le bleu menthe à l'eau que j'ai choisi correspond exactement à ce que je cherchais.
Puis collage/vissage du pontage et des autres éléments que j'ai démontés pour les peindre. A ce moment la coque est devenue indéformable, j'ai eu raison de faire confiance à ses doubles courbures locales pour limiter le nombre de couple (jusqu'à 80cm d'écart entre les couples).
Je me suis rendu compte qu'il fallait ajouter des quilles sous la coque pour éviter d'écailler la peinture en posant le bateau au sol. J'ai donc acheté un champlat en chêne que j'ai vissé/collé sur les galbords.
J'en ai profité pour clouter une plaque en alu pour protéger l'étrave. J'ai réussi à l'emboutir un peu suivant les congés d'arête du bois en la frappant dans l'angle d'une cornière en acier (je l'ai fait après la photo).
Il reste que l'aileron qui est probablement la pièce la plus soumise aux chocs et frottements qui n'est protégé que par une couche de peinture avec sous couche de vernis marin. La peinture s’écaillera forcément ici et ça a déjà commencé, tans pis il aurait fallu le laisser en couleur bois pour éviter ça.
Pour le vernissage du pontage j'ai fait une grosse erreur : je n'ai pas acheté un nouveau vernis mais j'ai récupéré un vieux pot Le Tonkinois qui fait une surface bien dure et propre. Et ce qui devait arriver est arrivé, en plein milieu de la deuxième couche je suis tombé à court de vernis ! Pire, la différence de teinte entre la zone à une couche et à 2 couches était vraiment significative, et ce fameux vernis n'est plus en vente en petit pot ! Petit moment de panique, j'ai réussi à réduire la différence de teinte en ponçant bien la deuxième couche, puis j'y suis allé au culot : j'ai mis une lasure couleur chêne doré que j'avais sur tout le pontage en espérant que ça masquera la différence des deux zones, et ça a marché !

Le rendu est même bon, plutôt que l'aspect un peu rosâtre délavé de l'Okoumé, j'ai maintenant un bois teinté et doré ce qui ajoute du caractère à l’ensemble. Bref suffit le texte maintenant le rendu FINAL !
Niveau esthétique je suis satisfait des lignes de la coque malgré l’absence de tonture et de bouge du pontage. Par contre les formes angulaires de l’hiloire cassent cette fluidité, un peu trop à mon goût sous certains angles de vue. Mais bon il aurait fallu courber du CP 10mm pour améliorer ça, et encore ! Niveau des couleurs je suis très content de mes choix, il y a du contraste, de la couleur et du caractère comme j'ai bien.
C'est donc quasiment la fin de la fabrication de bateau, il reste encore deux trois détails par ci par là, mais surtout les enduits de finitions sur la dérive et (plus complexe) le safran relevable. Et ça tombe bien car j’attends justement cette semaine une proposition d'emplois !

Mon paris de m'occuper durant ma période de chômage sans entraver ma future période d'activité semble être réussi, ouf !
En fonction de comment ça se passe et de la météo, je reviendrai peut-être avec les premiers tests sur l'eau.
