Vous allez me dire : "mais il existe tel plan qui ressemble à ce que tu cherches, en dessinant toi-même tu prends des risques !"
J'ai toujours aimé créer. J'ai beaucoup créé, dans un autre domaine. Inutile d'essayer de me raisonner, c'est un vrai moteur, pour moi. Un besoin vital. C'est quelque chose que j'explique difficilement, mais je préfère me tromper de temps en temps et avoir au bout du compte un bateau un peu plus imparfait que la moyenne mais qui correspondra davantage à l'idée que je me fais de ce que je veux. J'assume la prise de risque. J'ai longuement hésité à publier ce sujet ici, ayant été refroidi la première fois, à propos des modifs de mon Skerry. J'ai préféré faire mon petit bout de chemin tout seul, du moins au début.
Mon petit projet :
un petit croiseur côtier reprenant certaines idées développées sur mon Skerry (tout en étant totalement différent, on est d'accord).
Je veux un bateau sur lequel j'aie envie de vivre un peu. Passer plusieurs jours dans des conditions spartiates mais vivables, sur lequel je puisse bouger et me déplacer sans la crainte permanente de compromettre l'équilibre, et dont je peux lâcher la barre à la seule condition de garder les yeux ouverts bien entendu. Un bateau à bord duquel je puisse dormir à peu près au sec, lire, rêvasser, casser la graine, posé sur une plagette ou à l'ancre, boire un café en attendant à l'abri que la pluie se calme, le tout sans se presser. Le moteur, cette grosse verrue de 25kg, devrait constituer un palliatif efficace à mon manque d'expérience. Je me passerais bien de ce truc là, mais je dois modestement admettre que je pense que c'est un élément de sécurité pratiquement indispensable dans mon cas, car je suis loin d'être un marin accompli.
Caractéristiques :
L 5,25m; bau 2,00m, tirant d'eau 0,28/1m, déplacement en charge 900kg; ballast liquide 420 litres répartis en plusieurs compartiments. Surface de voilure dessinée* : GV 14m²; foc 3m²; moteur 4cv max, encadré par deux safrans.
Petite cabine permettant de dormir à deux, HSB 1,35m au point le plus haut.
Poids sur la remorque de l'ordre de 350 à 400kg.
J'espère obtenir la catégorie C, (navigation jusqu'à 6 milles d'un abri) et si il naviguera fréquemment sur les lacs landais et le bassin d'Arcachon, je souhaite m'aventurer à caboter en mer, disons, semi-ouverte. Vendée, Sud Bretagne.
Le faible tirant d'eau, fond plat et les dérives hollandaises faciliteront l'échouage, le ballast en bas -et la cabine en haut- devraient en faire un bon culbuto en cas de coup de gite violent, mais cela reste un dériveur.

J'ai longtemps pensé construire un Pocketship (CLC) frédisé, mais je le trouvais un poil trop petit et sa coque peu adaptée aux dérives latérales. Pour le reste, j'ai été inspiré par le Chebacco de Bolger, le Balbuzard de Yann Quenet et divers autres sources.
La coque a été dessinée sur Freeship,
La construction (commencée) est en contre-plaqué okoumé cousu-collé stratifié.

Je me suis amusé à passer un peu de couleur sur un dessin, pour voir un peu l'aspect de la bête finie. La limite entre la partie blanche de la coque et la partie orange est la ligue de bouchain. Bizarre, il a l'air plus trapu sur la photo du dessin que sur le dessin.

Après plus de dix mois d'inactivité et plusieurs déménagements, le chantier de l'Hypoténuse reprend. Pour l'instant, collage des cloisons des ballasts. Ce n'est ni très spectaculaire ni très gratifiant, mais ces ballasts servent de plancher et rigidifient la coque alors il faut passer par là. Il y a aussi un peu de plomberie à installer. C'est le coeur de ce bateau. Ensuite, le montage du haut de la coque, pont, cabine et le reste, devraient être assez simple.
La cloison est celle de l'avant du rouf. Les renforts qui reprennent les efforts du mât pour les renvoyer vers le fond y seront adossés.

J'oubliais : le nom est un clin d'oeil à René Goscinny. Il Voulait appeler un navire "l'Hypoténuse", pour que les personnages puissent diner au carré de l'Hypoténuse. L'hypoténuse sera mon premier voilier à cabine, je pourrai donc vous inviter à boire un café au carré de l'Hypoténuse
... j'espère que ce ne sera pas une galère.
L'Hypoténuse, c'est aussi une pièce de liaison entre deux poutres maîtresses.
* Quelle surface choisir? Trop grande elle sera souvent arisée, trop petite on se traînera. Mais une option serait d'établir, par beau temps, un bout dehors avec un deuxième foc, et un tapecul pour équilibrer.




