Allons,allons tous les deux! Vous n'allez pas vous fâcher pour quelques centaines de milliers d'euros tout de même?
Moi, cette histoire me ferait plutôt rire. Jamais les opportunités pour se faire plumer n'ont été si nombreuses qu'aujourd'hui et, pardon Padélis, jamais il n'y a eu autant de dindons à se presser à la porte. On est sollicités pour tout et n'importe quoi; Cela va de l'honorable et utile calendrier des Postes au ridicule loto du patrimoine en passant par la recherche médicale ou la vénale invention du crowdfunding.
Tout cela est avant tout une affaire de communicants et la ligne générale peut être résumée par l'idée qu'il faut donner pour exister et que celui qui ne donne pas est forcement mesquin, radin, crétin etc.. Bref, un sous-citoyen. Donner est devenu une norme sociale, comme aller de son obole lors de la quête à l'église.
Et ne pas le faire n'est pas si facile. Qui n'a pas ressenti de gêne à refuser une pièce au panier du curé lors d'un mariage ou un enterrement? Ou refuser le goupillon pour arroser la boite en bois où repose un ami? Et pourtant, pourquoi faire l'un et l'autre si on n'est pas croyant?
La réponse est dans le regard de l'autre; autrement dit la pression sociale.
Alors on donne un euro, cent, ses fringues, ses meubles, son sang ,ses organes, sa vie et ce serait très bien si ce qu'on donne parvenait à celui qui en a réellement besoin. Un vrai monde de générosité pour changer un peu.
Malheureusement, ceux qui font profession de vous demander l'aumône ne sont pas dans la majorité ceux qui en ont le plus besoin. Leur rôle se borne à vous orienter et à collecter, en vous culpabilisant si besoin est ou en vous flattant l'encolure. Et certains en vivent bien.
Alors donner, oui mais à qui en a besoin et en sachant pourquoi on le fait.
Quant à ce pauvre Pen Duick, il a probablement été construit grâce à l'argent gagné par des ouvriers turbinant 50h par semaine pour un salaire de misère au bénéfice d'un industriel mordu de voile, Padélis, faut pas idéaliser.
Allez, donne qui veut et moi je vous donne un conseil à vous deux: Sortez ce petit malt tourbé de derrière les fagots et versez-vous-en un godet. Asseyez-vous devant la mer et sirotez-le en regardant le coucher du soleil. Quand il sera couché, il sera temps de passer à autre chose.

Le bois, c'est comme du contreplaqué massif en plus beau.