Il fallait y croire !
P....n de temps !
Vendredi soir, concertation avec Donca pour savoir si on allait naviguer ou pas. Inutile de trifouiller les entrailles de poulet, ce serait un week end pluvieux, avec cependant une possibilité d'amélioration en milieu/ fin de journée. On aviserait le samedi matin.
Le poulet :

Pour avoir la météo détaillée, lire dans ses entrailles.
Le samedi matin,les averses se succédaient à un rythme soutenu, laissant pourtant apparaitre parfois un petit coin de ciel bleu.
Finalement Donca renonçait, n'ayant pas de fil à linge assez grand pour faire sécher sa belle voile de coton que la pluie ne manquerait pas de tremper, tandis que sur un coup de tête je décidais d'y aller, non pas en espérant que le coin de ciel bleu reviendrait en plus grand, mais en me disant que ça nous sortirait un peu, mon petit dernier et moi, et qu'il serait bon que le moussaillon comprenne que la vie ne s'arrête pas pour quelques gouttes de pluie.
C'est donc sous une pluie battante que j'ai mis la Mariette à l'eau. Remarquez qu'elle en contenait déjà un peu, vu que j'ai quelques km à faire pour aller au lac et que la Mariette n'est équipée ni d'un taud ni de nable pour l'instant.
Je me suis dit que cétait mal barré pour la voile, alors j'ai laissé les mâts couchés sur les bancs et j'ai entrepris de tester ma dernière modif :
J'ai équipé la Mariette d'une dame de nage fixe à l'arrière, et modifié un de mes avirons pour l'utiliser en godille.
Seulement voilà : la godille, cette chose étrange était-elle à la portée d'un débutant comme moi, étranger aux choses de la mer? Il semble, à en croire beaucoup, que sa technique est hors de portée du commun des mortels.
La Mariette à la godille. Nous partons donc sous une pluie fine, en poussant tout d'abord sur l'aviron façon pigouille, puis agitant cet appendice caudal dans l'eau de droite et de gauche.
Souples, les poignets, souples!
Une fois trouvé la position adéquate et trouvé le geste qui va bien, il faut reconnaitre qu'on avançait bien

. je dirais même pratiquement aussi vite qu'avec deux avirons. par contre, j'ai eu du mal à me diriger. Je n'ai pas encore trouvé la manière de modifier la trajectoire sans utiliser le safran, encore celui-ci est-il limité quand il est braqué sur la droite, où est également implantée la dame de nage, et nous avons frôlé de peu deux des bateaux amarrés.
Bref, assez concluant, à creuser
Nous sommes donc sortis du port à la godille, et là le vent s'est fait sentir. Pour raisons de trajectoires erratiques à la godille, j'ai mâté sur l'eau au lieu de rentrer faire ça à pied sec. Un peu sportif, mais jouable par ce temps calme, grâce aux mâts courts.
Nous sommes partis sur le lac sous une petite pluie, le fiston peu convaincu de l'intérêt de la chose grelottait de froid. En passant la main par dessus bord, l'eau du lac semblait par comparaison d'une douce tiédeur.
Pour détourner son attention, le mieux était de l'occuper. Je lui ai demander de prendre la barre. Plutôt réticent de prime abord, à cause de sa dernière expérience qui datait de la barre scandinave, (lui aussi ça l'a vacciné ) il prit son rôle avec sérieux et ne pensa plus au froid.
Elle marche bien, la Mariette et le vent léger la poussait allègrement dans le crachin. On était heureux !
Lors de la pause pipi au "lagon"

Evidemment, j'aurais du me méfier : entrés dans cette anse étroite au vent arrière, nous avons galéré pour en sortir au près serré dans trop peu d'eau pour la dérive : c'est le métier qui rentre
Nous décidons de rentrer, et tirons de longs bords vers le port de l'Estey. A une centaine de mètres un oiseau faisait le vol de l'ange à un mètre au dessus de l'eau puis plongeait la tête la première sur quelque poisson j'imagine, puis reprenait son altitude d'observation, puis recommençait...
Peu à peu, la pluie a cessé laissant la place au soleil, puis des voiles sont apparues. Alors que j'étais à nouveau à la barre, notre route convergeait faiblement avec celle d'une planche à voile qui était devant à nôtre vent, nous avons constaté que nous la rattrapions malgré un cap un peu plus près du vent. Je ne sais pas si cela veut dire grand chose, peut-être le véliplanchiste était-il débutant ou pas pressé, mais vous ne m'empêcherez pas d'en tirer une petite fierté pour mon bateau et son gréement bricolé
sur cette photo, un skipper heureux et plutôt fier de son bateau :
Nous avons du tirer encore quelques bords pour entrer dans le port alors que la pluie reprenait, où nous fûmes hélés d'un ponton par un quidam sous un parapluie : l'ami Donca était venu nous saluer au retour
Nous avons remis la Mariette sur la remorque ( "joli, ce bateau" dit un passant) et mîmes le cap sur la maison, et Donca, qui vous le savez sûrement est amateur de jolies voitures, nous fît un brin de conduite...
On peut donc dire que la Mariette a été escortée ...par une Corvette
Si vous saviez, pendant ces quelques heures passées sur l'eau, et même un peu sous l'eau aussi,
comme je me suis senti vivant !!!
Sans doute n'est-ce que du banal pour vous les habitués, mais pour moi qui débute, ce fût vraiment, malgré le temps mais peut-être même aussi grâce à lui, une bonne journée
Frégate33