C'est vrai que sur ce plan de forme le maître couple semble être un demi cercle, en vrai c'est pas tout à fait le cas car il fait 31.5cm de haut pour 76cm de largeur avec un profil plus tendu qu'un arc de cercle de même dimension. D’ailleurs les simulations ont montré que c'était suffisamment stable, mais c'est sur ça ne sera pas aussi stable qu'une caisse en contreplaqué avec un fond plat ! En outre, avec un recouvrement de 10mm des clins j'étais un peu limite en angle entre les clins par endroit, le chanfrein arrivant presque à angle aigu sur la face intérieure.
Pour le brion c'est vrai que maintenant qu'on en parle j'aurai dû considérer le fait qu'il soit plus bas que le maître couple. En fait, la raison est simplement que je voulais tirer une ligne horizontale avec l'avant de la quille et l'aileron tout en courbant la quille le plus doucement possible. Mais faire une étrave aussi profonde a des conséquences, celles que je vois sont une diminution de la stabilité en roulis (tout la zone d'étrave à un profil instable en roulis donc il faut limiter l’immersion d'une telle zone) et d'un risque d'instabilité en trajectoire libre (mettre trop de surface dérivante à l'avant du centre de masse peut faire tourner le bateau en travers de sa trajectoire). Ce dernier point je l'avais bien senti et j'ai mis un aileron pour compenser, mais sans pouvoir le vérifier car je n'avais pas d'imprimante 3D et ma simulation n'a pas cette précision. Je croise les doigts pour que ça soit suffisamment bon ! Sinon à y regarder les points positifs, un brion bas c'est un maximum d'espace pour les jambes (déjà limite) et une meilleure stabilité en lacet durant les coups de pagaie franc pour éviter de faire l’essuie glace.
Les suites de la constructions : j'ai résolu le problème des couples décalés latéralement en les dévissant du pontage, puis en vissant des plaques de part et d'autre du couple pour les recentrer, et enfin percer à nouveau les trous de vissage avec un diamètre plus gros centré par la fraisure.
Mais c'est pour faire face immédiatement à d'autre problèmes, les dernier deux clins se posaient très mal le long de la coque ! J'étais surpris car ces clins n'ayant quasiment aucun vrillage, CATIA aurait dû me faire un développé exact. D'ailleurs j'étais content que pour tous les autres ça s'est globalement très bien passé. J'ai donc commencé à investiguer, d'abord la coupe des clins entre eux et avec le patron : aucun écart visible. La pose du patron sur la coque : ha j'ai commencé à voir une déviation... En fait le problème vient de la coque qui est un peu vrillée comme on peut le voir sur cette photo ou l'arrière n'est pas parfaitement en contact avec le tréteau.
La raison de ce défaut est je pense le fait d'avoir eu à compenser les décalages latéraux des couples. Pas que la correction ait vrillé la coque (quoique) mais que depuis le début j'avais une ossature mal montée. Je m'en veux encore de ne pas avoir fait ces vérifications et d'avoir aveuglément fait confiance à une mauvaise technique de vissage ! Maintenant je sais, il faut d’abord percer les deux pièces avec le petit diamètre, puis élargir le trous fraisés avec le plus gros diamètre et la fraise, et non l'inverse. Bref... J'ai tenté de corriger le problème (vainement) en sanglant le bateau sur les deux tréteaux, ce qui au passage m'a aidé à les positionner et j'aurai pu faire de même avec les autres clins.
Au collage/vissage, il restait de nombreux écarts entre le bord du clin et le pontage. Dans un sens j'ai pu facilement raboter l’excédent, de l'autre j'ai pu biseauter un peu le pontage pour que ça corresponde. Mais par endroit le décalage dépasse le millimètre dans le mauvais sens...
Tant pis je ne pourrais pas faire mieux si ce n'est mettre de la pâte à bois. Je m'en veux de ne pas avoir prévu un peu d'excès de matière à la coupe de ce clin pour ajuster facilement au rabot après la pose.
Mais voilà la pose des clins est finie !

Tant mieux je commençais tout juste à m'en lasser un peu. J'ai démonté le pontage sans problème pour avoir accès à l'intérieur comme j'avais prévu. Je me suis rendu compte que le pontage compte une énorme part du poids du bateau avec plus de 5kg ! La coque sans lui est en fait plutôt légère à porter.
La météo le permettant, je me suis dépêché de faire l'écrêtage de la centaine de pointes de vis restante (il ne faudrait pas faire trop de bruit un dimanche je sais…). Ça m'a pris moins d'une heure grâce à mon outil custo
Je commence à m’organiser un peu pour les finitions :
- Re-fraisage de toute les vis qui dépasse
- Masticage des jointure extérieures des clins (d'abord vérifier la tenue de peinture sur le mastic polyuréthane)
- Rebouchage de tous les défauts visibles avec de la pâte à bois ou quelque chose du genre.
- Masticage des 300 têtes de vis, je compte bien me chauffer car je sais que mon bateau servira aussi de décoration intérieur

- Ponçage de la coque et du cockpit (ça va être long aussi)
- Peinture et vernis.
Le pontage recevra un traitement spécial car je vais essayer de corriger les défauts alors qu'il sera en finition vernis.
Globalement le chantier va prendre une autre tournure avec plus de poussière fine et plus de chance de dégoulinure. La météo hivernale m’empêchant de compter dessus pour bricoler dehors, je vais devoir continuer en intérieur avec une bâche pour protéger le sol.