Oui c'est ça, les baleinière servait à harponner et suivre la baleine jusqu'à son épuisement (parfois ça durait plusieurs jours !) Pas que je soit partisan de la chasse à la baleine, mais j'aime bien les coques des baleinières et leur schéma de couleur qui est à la fois esthétique et pratique : le blanc sur les clins pour les mettre leur relief en valeur et protéger de la surchauffe, le dernier clin en noir pour donner un peu de caractère, le pontage en bois vernis pour le charme et l'authenticité, et l'intérieur en bleu ciel pour ajouter un peu de couleur et de luminosité.
J'ai posé les deux galbords sans encombre. Il m'a fallu une demi journée par clins, avec ce rythme je peux facilement savoir quand j'aurai fini la coque !
Déjà j'ai revue ma technique de jointure des clins à l'étrave. Je rappelle qu'à la base j'avais prévu de faire des feuillures droites, mais en fait il est difficile de tailler ce genre coupes dans du contreplaqué au ciseaux à bois à cause des fibres transverse. Ça aurait mieux marché avec du bois massif.
J'ai donc opté pour faire un biseautage comme j'ai pu voir sur ce forum, comme ça je peux faire la coupe au rabot. Il faudra néanmoins ajuster deux coupes entre elles (est ce que c'est deux fois plus chance de faire des erreurs ou deux fois plus de liberté ? Suite au prochain épisode)
A noter que vu que mes clins n'arrivent pas exactement à franc bord sur l'étrave (une simplification de dessin 3D), je n'ai pas besoin de désabouttage car le bois ne finit pas à angle aigu. D'un point de vue des patrons il m'a suffit de tirer une ligne droite à la place d'un angle droit sur les développé des bouts de clins, tout le reste est conservé.
Maintenant à la pratique, pour un clin je commence par biseauter le chant du bout du clins en contact avec l'étrave. Et oui je ne fais pas de râblure dans l'étrave mais l'inverse, technique modéliste !

(l'angle hyper aigu du bout du clins est protégé par son collage). Pour dresser cette surface, j'utilise son développé que j'avais tracé sur le patron de l'étrave, ça et un rabot c'est un jeu d'enfant de faire un assemblage hyper précis sans avoir à jauger à l’œil !
Ensuite une première pose à blanc. Le trévirage demande de forcer un peu mais c'est tout à fait gérable à la main. Cette pose permet de vérifier la qualité de l'assemblage.
Pour vérifier la qualité d'assemblage, je presse le clin à la main je passe une lampe derrière pour voir s' il y a des fuites de lumières.

(Ici il faudra raboter mais surtout mettre beaucoup de colle...)
Après avoir corrigé les défauts d’assemblage, vient le vissage des vis structurelles posées sur les couples. Il me faut 4 coups de perceuse pour chaque vis à faire série : un avec un foret de 2mm, un avec un foret de 3mm pour réduire l'accroche de la vis sur le clin à presser, un pour le fraisage et finalement le vissage.
Ensuite je fais le chanfrein qui accueillera le clin suivant. Je le fais maintenant et non après le collage car ça simplifiera le biseautage à l'étrave qui lui ne peut pas être fait après le collage. Pour ça je commence à chanfreiner localement proche des couples en me servant de la surface de pose du clin suivant.
Ensuite je termine le chanfrein en m'aidant des plis du contreplaqué comme lignes de niveau qui doivent suivre des courbures les plus régulière possible (quelle excellent idée d'avoir fait des plis de différentes teinte !

) J'y vais d'abord au rabot, mais puisque je maîtrise encore mal cet outil (il creuse plus ou moins fort en fonction de la courbure du bois donc il faut ajuster la lame en permanence) je fait les finitions à la râpe fine.

(Ça fait pleins de copeaux

)
Ensuite je détache le clin pour lui faire les trous de vis inter-clins. J'ai choisi un pas de 10cm ajusté pour que ça tombe sur les couples (ça fait toujours ça de vis en moins à écrêter). Calcul du pas à la calculatrice, repérage au mètre à ruban, pince de 5mm repéré au trusquin, pointage à la pointe frappé au marteau, puis perçage/fraisage pour être sur que les vis ne s'y accroche pas et qu'elles pressent bien les deux clins entre eux. Ces vis inter-clins n’auront pas de préperçage sur l'autre clin car il n'y a pas de risque de fendage et qu'il faut un maximum d'accroche de l’autre côté, d'où le fait de faire ces trous sur un clins déposé.
Biseautage à l'étrave. Le patron papier du chant me donne la profondeur à tailler, la CAO me donne la longueur sur laquelle faire ce biseautage. Néanmoins j'ai l'impression de faire ça un peu au pif !

Pareil que pour le chanfrein, d'abord rabots puis râpe fine à la fin pour parfaire la coupe.
Puis application du mastic/colle polyuréthane au pistolet. J'ai galéré pour trouver la bonne façon de faire, en gros il faut caler le pistolet dans son épaule à la manière d'un fusil pour que le tube soit toujours bien plaqué dedans, et il faut pousser le joint et non le tirer sinon il n’adhère pas ! la quantité de joint c'est au jugé en fonction des défauts qui ont été repérés.

(Désolé pour la mauvaise qualité des photos, mon téléphone est tombé en rade et j'ai dû en prendre un ancien. Je referai de meilleures photos quand j'aurai résolu ce problème. D'ailleurs si je prend la peine de tout expliquer, c'est aussi parce que si le bateau navigue bien je publierai les plans et ce sujet servira d'explication

)
Et enfin la pose finale et le vissage !
Je n'ai pas encore testé mon outil pour l'écrêtage des pointes vis, j'évite de faire du bruit à n'importe quelle heure et j'attends le beau temps pour le faire dehors. Idéalement il faudrait le faire après chaque pose de clin.
Voilà, pour les clins suivants de ce que j'ai vu les patrons sont bons. Pour un des galbords j'ai eu un léger décalage à l'étrave (et pas l'autre je ne comprend pas pourquoi) mais globalement tout se monte avec précision et prend forme c'est juste du pur plaisir à monter !
