Estuairiversaire de la Gironde ... ou anniverstuaire
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- fregate33
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Estuairiversaire de la Gironde ... ou anniverstuaire
Petit récit de la petite navigation que je me suis offerte avec ma douce pour mon anniversaire, sur la Gironde fin Juillet.
Les vieux briscards de la navigation n'y trouveront rien de passionnant, mais les débutants s'y reconnaitront peut-être.
la Gironde ce n'est pas encore l'Atlantique, mais ce n'est pas vraiment non plus du fluvial. C'est déjà un peu la mer. Un soupçon d'aventure. Du moins, de mon point de vue de marin d'eau douce, et d'eau Pérette (non pétillante).
L'Hypoténuse part de Port Maubert le mercredi 23 juillet 2025 vers 16h, presque deux heures avant la pleine mer. Le but est de passer la nuit à La Maréchale, petit port médocain qui est en amont. La fin du flot nous y portera, de même que le vent.
Demain nous partirons avec la marée du matin en tirant des bords vers la sortie, jusqu'à si possible, se mettre à l'ancre dans la baie de Talmont une paire d'heures, avant de rentrer à port Maubert après la renverse. Nous passerons la nuit au ponton, puis remettrons l'Hypoténuse sur la remorque le lendemain matin, avant de rentrer tranquillement dans notre patelin du sud Gironde (là, je parle du département). Tel est le programme.
Les feuilles des arbres de port Maubert frétillent, (Windy annonce 15nds avec des rafales à 27) et en approchant le bout du chenal on voit bien que l'eau sur l'estuaire est agitée. Je mets un peu plus de puissance. Nous sommes au moteur, pas à la godille, pour avoir de la réactivité et parer le courant à la sortie du chenal. L'Hypoténuse remue, c'était attendu. Valérie à la barre, j'établis les voiles, arisées toutes les deux. Près bon plein. Même si ça bouge toujours, on est plus confortables à la voile ! Puis vers le milieu du chemin, nous abattons et le reste se fait entre le travers et le largue en longeant le chenal, avec un petit oeil sur l'approche éventuelle d'un cargo. ils sont beaucoup plus rapides que l'Hypoténuse et provoquent des vagues conséquentes dans leur sillage, comme nous aurons l'occasion de le voir le lendemain. Nous en croisons un juste avant d'arriver. Il me distrait un peu trop et je remarque tardivement la petite jetée de pierre de La Maréchale. Je croyais la voir un peu plus loin mais c'était en réalité un long parapet de béton. En y repensant, je ne serais pas étonné qu'il serve à se préserver des sillages des cargos.
Je lance le moteur, le laisser chauffer un moment, et fais rentrer l'Hypoténuse. La traversée a duré environ une heure et demie.
Où aller accoster ?
Au fond, quelques bateaux sont amarrés à un long ponton flottant. Un espace entre un bateau de pêche professionnelle en réparation et une barque de pêche s'offre à nous comme on y attendait quelqu'un. On s'y installe provisoirement. Nous prenons peut-être la place de quelqu'un ? Suivant le conseil du moniteur de l'école de voile de Port Maubert, (où nous nous sommes présentés avant de partir pour savoir où garer la bagnole et sa remorque, et aussi si on pouvait venir passer la nuit au port en revenant (17€ et assez de papiers à remplir pour acheter le ponton)) nous cherchons la guinguette locale car on y connait sûrement le responsable du port. Nous la trouvons à deux cent mètres. Elle tombe bien, nous avons tous les deux une soif terrible. " Ah mais bien sûr, je vous l'appelle tout de suite !" nous répond le taulier, très jovial. "Alban va venir vous voir. Vous allez voir, on dirait un père Noël".
Effectivement, arrive sur le ponton un gaillard portant une barbe fleurie et un sourire sympathique. Nous sommes amarrés exactement où il fallait, eau et électricité à disposition si besoin, et numéro de téléphone pour la prochaine fois si nous voulons revenir. le tout gracieusement et avec le sourire.
Cadre bucolique, (en un seul mot, même si l'eau de la Gironde est plus marron que bleue) faune distrayante, tranquillité, accueil sympathique...que demander de plus ? nous dégustons un picnic tiré de la glacière (après cette journée et en cet instant, ce fut certainement le meilleur qu'il m'ait été donné de manger) puis cap sur la guinguette, pour un dessert à la hauteur de l'occasion. "Et bon anniversaire !" me lance le taulier quand nous partons. La soirée se termine dans le calme et la félicité, à regarder descendre le soleil sur l'estuaire.
A suivre...
Les vieux briscards de la navigation n'y trouveront rien de passionnant, mais les débutants s'y reconnaitront peut-être.
la Gironde ce n'est pas encore l'Atlantique, mais ce n'est pas vraiment non plus du fluvial. C'est déjà un peu la mer. Un soupçon d'aventure. Du moins, de mon point de vue de marin d'eau douce, et d'eau Pérette (non pétillante).
L'Hypoténuse part de Port Maubert le mercredi 23 juillet 2025 vers 16h, presque deux heures avant la pleine mer. Le but est de passer la nuit à La Maréchale, petit port médocain qui est en amont. La fin du flot nous y portera, de même que le vent.
Demain nous partirons avec la marée du matin en tirant des bords vers la sortie, jusqu'à si possible, se mettre à l'ancre dans la baie de Talmont une paire d'heures, avant de rentrer à port Maubert après la renverse. Nous passerons la nuit au ponton, puis remettrons l'Hypoténuse sur la remorque le lendemain matin, avant de rentrer tranquillement dans notre patelin du sud Gironde (là, je parle du département). Tel est le programme.
Les feuilles des arbres de port Maubert frétillent, (Windy annonce 15nds avec des rafales à 27) et en approchant le bout du chenal on voit bien que l'eau sur l'estuaire est agitée. Je mets un peu plus de puissance. Nous sommes au moteur, pas à la godille, pour avoir de la réactivité et parer le courant à la sortie du chenal. L'Hypoténuse remue, c'était attendu. Valérie à la barre, j'établis les voiles, arisées toutes les deux. Près bon plein. Même si ça bouge toujours, on est plus confortables à la voile ! Puis vers le milieu du chemin, nous abattons et le reste se fait entre le travers et le largue en longeant le chenal, avec un petit oeil sur l'approche éventuelle d'un cargo. ils sont beaucoup plus rapides que l'Hypoténuse et provoquent des vagues conséquentes dans leur sillage, comme nous aurons l'occasion de le voir le lendemain. Nous en croisons un juste avant d'arriver. Il me distrait un peu trop et je remarque tardivement la petite jetée de pierre de La Maréchale. Je croyais la voir un peu plus loin mais c'était en réalité un long parapet de béton. En y repensant, je ne serais pas étonné qu'il serve à se préserver des sillages des cargos.
Je lance le moteur, le laisser chauffer un moment, et fais rentrer l'Hypoténuse. La traversée a duré environ une heure et demie.
Où aller accoster ?
Au fond, quelques bateaux sont amarrés à un long ponton flottant. Un espace entre un bateau de pêche professionnelle en réparation et une barque de pêche s'offre à nous comme on y attendait quelqu'un. On s'y installe provisoirement. Nous prenons peut-être la place de quelqu'un ? Suivant le conseil du moniteur de l'école de voile de Port Maubert, (où nous nous sommes présentés avant de partir pour savoir où garer la bagnole et sa remorque, et aussi si on pouvait venir passer la nuit au port en revenant (17€ et assez de papiers à remplir pour acheter le ponton)) nous cherchons la guinguette locale car on y connait sûrement le responsable du port. Nous la trouvons à deux cent mètres. Elle tombe bien, nous avons tous les deux une soif terrible. " Ah mais bien sûr, je vous l'appelle tout de suite !" nous répond le taulier, très jovial. "Alban va venir vous voir. Vous allez voir, on dirait un père Noël".
Effectivement, arrive sur le ponton un gaillard portant une barbe fleurie et un sourire sympathique. Nous sommes amarrés exactement où il fallait, eau et électricité à disposition si besoin, et numéro de téléphone pour la prochaine fois si nous voulons revenir. le tout gracieusement et avec le sourire.
Cadre bucolique, (en un seul mot, même si l'eau de la Gironde est plus marron que bleue) faune distrayante, tranquillité, accueil sympathique...que demander de plus ? nous dégustons un picnic tiré de la glacière (après cette journée et en cet instant, ce fut certainement le meilleur qu'il m'ait été donné de manger) puis cap sur la guinguette, pour un dessert à la hauteur de l'occasion. "Et bon anniversaire !" me lance le taulier quand nous partons. La soirée se termine dans le calme et la félicité, à regarder descendre le soleil sur l'estuaire.
A suivre...
Re: Estuairiversaire de la Gironde ... ou anniverstuaire
Qu'on est bien au mouillage ou au port après une belle navigation !
Merci pour le récit, et vivement la suite
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Je suis un acrobate masochiste ordinaire.
Accessoirement président de l'asso, modo, webmaster.
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Re: Estuairiversaire de la Gironde ... ou anniverstuaire
Et bien, bon anniv et bravo pour cette première en eau presque salée 
Je bois(e) sans soif !
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Re: Estuairiversaire de la Gironde ... ou anniverstuaire
Merci

En réalité j'ai déjà navigué sur l'estuaire de la Gironde il y a deux ans, pour une navigation un peu plus courte et sous l'égide de mon grand-frère, qui lui aussi s'y est mis tardivement mais plus tôt, et donc plus expérimenté. La semaine dernière, je me suis prouvé que je suis un grand garçon, maintenantPadélis-Célakélos a écrit : 28 juil. 2025 08:13 Et bien, bon anniv et bravo pour cette première en eau presque salée![]()
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Re: Estuairiversaire de la Gironde ... ou anniverstuaire
Et oui, même les plus grands navigateurs ont commencé un jour .
J'ai un copain Entrepreneur qui se plait à dire :
" J'ai commencé avec une pelle à main, à la fin j'avais 10 pelles Poclain "
On peut transposer pour toi :
" J'ai commencé par un day-boat, je finirai par un hauturier "
En attendant
J'ai un copain Entrepreneur qui se plait à dire :
" J'ai commencé avec une pelle à main, à la fin j'avais 10 pelles Poclain "
On peut transposer pour toi :
" J'ai commencé par un day-boat, je finirai par un hauturier "
En attendant
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Re: Estuairiversaire de la Gironde ... ou anniverstuaire
..Suite
Ce matin la marée est à 6h15. Coef 78.
Petit dej' au carré (... de l'Hypo... Nooon, je ne vais quand-même pas vous la ressortir à chaque fois ! ben si ! D'autant que vous avez échappé à "La Maréchale, nous voila !") et nous partons sans trop lambiner, à 7H. Le risque n'est pas de manquer d'eau dans le port, j'ai pu voir lors de ma miction nocturne (j'effectue souvent des miCtions de nuit. C'est toujours mieux qu'une miction impossible) qu'il y avait de la marge, mais je préfère passer à l'aise au dessus du banc qui borde le chenal. Et puis le vent est bien moins fort qu'hier après midi et nous l'avons dans le nez. L'adage dit que quand on tire des bords, c'est deux fois la distance, trois fois le temps, ( et quatre fois la peine, mais dans ce temps pour demoiselles, la peine...) alors méfiance. J'aimerais mouiller si possible en baie de Talmont, ou au moins dépasser assez Port Maubert pour y revenir tranquillement.
Ca commence mal, je n'arrive pas à obtenir du bateau de bien serrer le vent (l'ami Wedell m'expliquera plus tard que c'est un phénomène connu). Le premier bord finit même par s'infléchir, et se termine à la hauteur de Vitrezay : un bord carré... de l'hypoténuse (désolé, moi ça me fait toujours marrer). Changement d'amure. Nous avançons de mieux en mieux. Avec le courant dans le dos, le cap réel pointe nettement au vent de l'axe du bateau. Je connaissais ce phénomène sur le bassin d'Arcachon et ses courants, mais avec la longueur des bords ici, le phénomène prend des proportions étonnantes pour moi.
Ambiance farniente. Le plus long bord dure plus de deux heures. Raimond, le régulateur d'allure, est à la barre. Quand l'amure nous met à l'ombre de la voile, c'est le paradis et nous finissons notre nuit en somnolant de temps à autres. Un vrai temps de curé !
C'est le bon moment pour tester le support du réchaud que j'ai récemment bricolé, libre de pivoter sur l'axe de roulis. Essais concluant par ce joli temps. Il nous a fait de l'eau chaude pour la chicorée sans glissade de casserole ni risquer de s'ébouillanter, malgré la gite, modérée il est vrai. On pourrait très bien chauffer la tambouille du midi comme ça. Mais on ne l'aurait pas tenté hier, quand on avait l'impression d'être à cheval.
Le dernier virement est devant le phare de Richard. Derrière, un cargo court vers la sortie de l'estuaire en trainant derrière lui d'étonnants éclatements de flocons blancs. Vu aux jumelles, ce sont les vagues de son sillage qui déferlent sur la rive du Médoc. Elles éclatent en de grandes gerbes d'écume qui retournent en cascade à l'estuaire.
A l'Est, des voiles longent la côte. D'un peu plus près et aux jumelles, (au passage, si quelqu'un a une astuce pour la manière d'avoir la tête stable sur un bateau qui bouge pour observer aux jumelles, je suis preneur) elles apparaissent comme une petite escadre de goélettes à gréement moderne (fin vingtième, début ving et unième siècle). Des génois battent au vent sur deux d'entre elles . On grée rarement des petits bateaux en goélette, alors ce sont probablement de grosses unités montées par des pros. le vent ayant forci, ils sont sûrement en train de manoeuvrer.
Finalement, le courant nous pousse tellement que nous pourrions même dépasser Meschers.
Midi, je lâche l'ancre dans un mètre d'eau. La mer sera basse dans une heure. nous sommes partis depuis 7h ce matin, et c'est l'heure de casser la graine. J'installe le taud au dessus du cockpit, mais le vent est déjà un peu fort . Ce taud est constitué d'une demi-tente de l'armée de terre ayant appartenu au père de Valérie, qui fut colonel de l'armée de terre. Ces demi-tentes sont bien connues de ceux qui comme moi ont fait leur service militaire dans cette armée. Il fallait être deux pour l'utiliser : les deux membres du binôme disposaient chacun d'un pan de toile qu'il fallait boutonner avec l'autre, d'un piquet, et de deux ou trois sardines. Celle-ci est en parfait état, et suspendue à la bôme, tendue sur la gaffe et maintenue par quatre boutes, elle fait de l'ombre ou abrite (un peu) de la pluie. C'est aussi une façon de saluer la mémoire de cet homme que je n'ai pas eu la chance de connaitre.
Pour la sieste, on repassera : le vent continue à monter, nous sommes de plus en plus secoués. Et voilà que la VHF répercute un mayday. Pas moyen de roupiller peinard, décidément dans c'patelin ! Il est questions de... goélettes en difficulté ! deux sont à la côte, et il est demandé de les secourir.
Nous commençons à nous poser des questions : Des navires plus gros que le notre et montés par des équipages plus trapus ... en difficulté ? les conditions seraient-elles plus critiques que ce que nous en voyons ? Devrions-nous nous inquiéter, voire, nous mettre à l'abri dans le port le plus proche ? Vu d'ici ça n'a pourtant pas l'air si terrible, et un coup d'oeil sur windy confirme que le vent annoncé est soutenu mais raisonnable. Partons avant que ça n'empire, même si il n'est pas prévu que cela arrive, de toute façon il n'y a pas moyen de roupiller ici.
Conciliabule : le capitaine organise la manoeuvre : le matelot prendra la barre, et je relèverai le mouillage puis enverrai la toile, tout arisé. Le tout au moteur, je me la jouerai esthète godilleur une autre fois.
L'Hypoténuse tire sur sa chaine, et l'aide du moteur est bienvenue. Je fais signe à Valérie : un peu de barre par là, de l'autre côté... Il n'y a pas moyen d'installer un bon écubier pour guider la chaine, et celle-ci vient s'engrenner dans celle de la sous-barbe, ou sort de son guide.
Une fois la pioche relevée, je fais signe à l'homme de barre (qui est une femme, mais Il y a bien des sage-femmes qui sont des hommes) de mettre plus de gaz, et cap à sortir de la baie. Puis presque vent de face, le temps d'envoyer la toile.
On coupe le moteur, et cap sur port Maubert, vent arrière.
A suivre...
Photo 1 : Phare de Richard
Photo 2 : Baie de Talmont, vue sur Meshers
Ce matin la marée est à 6h15. Coef 78.
Petit dej' au carré (... de l'Hypo... Nooon, je ne vais quand-même pas vous la ressortir à chaque fois ! ben si ! D'autant que vous avez échappé à "La Maréchale, nous voila !") et nous partons sans trop lambiner, à 7H. Le risque n'est pas de manquer d'eau dans le port, j'ai pu voir lors de ma miction nocturne (j'effectue souvent des miCtions de nuit. C'est toujours mieux qu'une miction impossible) qu'il y avait de la marge, mais je préfère passer à l'aise au dessus du banc qui borde le chenal. Et puis le vent est bien moins fort qu'hier après midi et nous l'avons dans le nez. L'adage dit que quand on tire des bords, c'est deux fois la distance, trois fois le temps, ( et quatre fois la peine, mais dans ce temps pour demoiselles, la peine...) alors méfiance. J'aimerais mouiller si possible en baie de Talmont, ou au moins dépasser assez Port Maubert pour y revenir tranquillement.
Ca commence mal, je n'arrive pas à obtenir du bateau de bien serrer le vent (l'ami Wedell m'expliquera plus tard que c'est un phénomène connu). Le premier bord finit même par s'infléchir, et se termine à la hauteur de Vitrezay : un bord carré... de l'hypoténuse (désolé, moi ça me fait toujours marrer). Changement d'amure. Nous avançons de mieux en mieux. Avec le courant dans le dos, le cap réel pointe nettement au vent de l'axe du bateau. Je connaissais ce phénomène sur le bassin d'Arcachon et ses courants, mais avec la longueur des bords ici, le phénomène prend des proportions étonnantes pour moi.
Ambiance farniente. Le plus long bord dure plus de deux heures. Raimond, le régulateur d'allure, est à la barre. Quand l'amure nous met à l'ombre de la voile, c'est le paradis et nous finissons notre nuit en somnolant de temps à autres. Un vrai temps de curé !
C'est le bon moment pour tester le support du réchaud que j'ai récemment bricolé, libre de pivoter sur l'axe de roulis. Essais concluant par ce joli temps. Il nous a fait de l'eau chaude pour la chicorée sans glissade de casserole ni risquer de s'ébouillanter, malgré la gite, modérée il est vrai. On pourrait très bien chauffer la tambouille du midi comme ça. Mais on ne l'aurait pas tenté hier, quand on avait l'impression d'être à cheval.
Le dernier virement est devant le phare de Richard. Derrière, un cargo court vers la sortie de l'estuaire en trainant derrière lui d'étonnants éclatements de flocons blancs. Vu aux jumelles, ce sont les vagues de son sillage qui déferlent sur la rive du Médoc. Elles éclatent en de grandes gerbes d'écume qui retournent en cascade à l'estuaire.
A l'Est, des voiles longent la côte. D'un peu plus près et aux jumelles, (au passage, si quelqu'un a une astuce pour la manière d'avoir la tête stable sur un bateau qui bouge pour observer aux jumelles, je suis preneur) elles apparaissent comme une petite escadre de goélettes à gréement moderne (fin vingtième, début ving et unième siècle). Des génois battent au vent sur deux d'entre elles . On grée rarement des petits bateaux en goélette, alors ce sont probablement de grosses unités montées par des pros. le vent ayant forci, ils sont sûrement en train de manoeuvrer.
Finalement, le courant nous pousse tellement que nous pourrions même dépasser Meschers.
Midi, je lâche l'ancre dans un mètre d'eau. La mer sera basse dans une heure. nous sommes partis depuis 7h ce matin, et c'est l'heure de casser la graine. J'installe le taud au dessus du cockpit, mais le vent est déjà un peu fort . Ce taud est constitué d'une demi-tente de l'armée de terre ayant appartenu au père de Valérie, qui fut colonel de l'armée de terre. Ces demi-tentes sont bien connues de ceux qui comme moi ont fait leur service militaire dans cette armée. Il fallait être deux pour l'utiliser : les deux membres du binôme disposaient chacun d'un pan de toile qu'il fallait boutonner avec l'autre, d'un piquet, et de deux ou trois sardines. Celle-ci est en parfait état, et suspendue à la bôme, tendue sur la gaffe et maintenue par quatre boutes, elle fait de l'ombre ou abrite (un peu) de la pluie. C'est aussi une façon de saluer la mémoire de cet homme que je n'ai pas eu la chance de connaitre.
Pour la sieste, on repassera : le vent continue à monter, nous sommes de plus en plus secoués. Et voilà que la VHF répercute un mayday. Pas moyen de roupiller peinard, décidément dans c'patelin ! Il est questions de... goélettes en difficulté ! deux sont à la côte, et il est demandé de les secourir.
Nous commençons à nous poser des questions : Des navires plus gros que le notre et montés par des équipages plus trapus ... en difficulté ? les conditions seraient-elles plus critiques que ce que nous en voyons ? Devrions-nous nous inquiéter, voire, nous mettre à l'abri dans le port le plus proche ? Vu d'ici ça n'a pourtant pas l'air si terrible, et un coup d'oeil sur windy confirme que le vent annoncé est soutenu mais raisonnable. Partons avant que ça n'empire, même si il n'est pas prévu que cela arrive, de toute façon il n'y a pas moyen de roupiller ici.
Conciliabule : le capitaine organise la manoeuvre : le matelot prendra la barre, et je relèverai le mouillage puis enverrai la toile, tout arisé. Le tout au moteur, je me la jouerai esthète godilleur une autre fois.
L'Hypoténuse tire sur sa chaine, et l'aide du moteur est bienvenue. Je fais signe à Valérie : un peu de barre par là, de l'autre côté... Il n'y a pas moyen d'installer un bon écubier pour guider la chaine, et celle-ci vient s'engrenner dans celle de la sous-barbe, ou sort de son guide.
Une fois la pioche relevée, je fais signe à l'homme de barre (qui est une femme, mais Il y a bien des sage-femmes qui sont des hommes) de mettre plus de gaz, et cap à sortir de la baie. Puis presque vent de face, le temps d'envoyer la toile.
On coupe le moteur, et cap sur port Maubert, vent arrière.
A suivre...
Photo 1 : Phare de Richard
Photo 2 : Baie de Talmont, vue sur Meshers
Modifié en dernier par fregate33 le 30 juil. 2025 06:29, modifié 1 fois.
- Marmotte
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Re: Estuairiversaire de la Gironde ... ou anniverstuaire
bon anniversaire donc sur ce joli navire imaginé, pensé, conçu et construit par toi même pour navigué sur cette "moyenne-mer" pas Morbihan non plus 
- fregate33
- Capitaine de Brûlot

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Re: Estuairiversaire de la Gironde ... ou anniverstuaire
Eh oui, On a tous commencé un jour. Et vieux motard que jamais, mais ceux qui commencent tôt apprennent plus vite et ont la vie devant eux.Padélis-Célakélos a écrit : 28 juil. 2025 23:42 Et oui, même les plus grands navigateurs ont commencé un jour .
J'ai un copain Entrepreneur qui se plait à dire :
" J'ai commencé avec une pelle à main, à la fin j'avais 10 pelles Poclain "
On peut transposer pour toi :
" J'ai commencé par un day-boat, je finirai par un hauturier "![]()
En attendant![]()
Quant au hauturier, je n'irai pas jusque là. Par contre, plus ça va et plus je rêve de la mer. Je compte faire une sortie en sud Bretagne en fin d'été avec mon frangin, qui navigue dans cet étrange pays et que je ne vois pas assez.
Merci Marmotte, constructeur de joli canotMarmotte a écrit : 30 juil. 2025 04:33 bon anniversaire donc sur ce joli navire imaginé, pensé, conçu et construit par toi même pour navigué sur cette "moyenne-mer" pas Morbihan non plus![]()
- fregate33
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Re: Estuairiversaire de la Gironde ... ou anniverstuaire
Annivers-tuaire de la Gironde, suite et fin
A peine l'Hypoténuse et son équipage sont-ils partis de la baie de Talmont, qu'un zodiac surgit (de Meschers ?) et nous approche par tribord. On nous demande si nous savons quelque chose à propos du mayday. Un "Par là" contente ses occupants, et le voilà déjà reparti en trombe dans la direction indiquée par le bras. Il se trouve d'ailleurs que c'est aussi la direction que nous suivons.
Je comptais initialement frôler la côte pour que nous puissions admirer au passage l'église Ste Radegonde et les falaises de Talmont, mais ce sera pour une autre fois. Aujourd'hui, nous allons garder nos distances et assurer le retour.
Le paysage défile. Vent arrière et courant itou, le GPS annonce huit noeuds. L'Hypoténuse marche habituellement à cinq quand le vent est bon, nous avons donc un courant de trois noeuds avec nous. Les vagues se succèdent. chacune soulève l'arrière du bateau et le fait accélérer un instant. Il montre alors, comme beaucoup, une certaine tendance à lofer, et il faut tirer nettement sur la barre pour l'en empêcher. Le foc, cycliquement masqué par la grand'voile, hésite, et fasseille souvent. Je l'affale. Evidemment ça n'arrange pas la tendance à embarder, bien au contraire. Alors je le rétrablis en le bordant plat cette fois, pour limiter ses fantaisies. Avec un peu de chance, il servira de stabilisateur. D'empennage vertical, quoi.
Mes sorties bassinoises m'avaient donné l'envie de raccourcir les safrans histoire de gagner quelques centimètres de tirant d'eau, mais aujourd'hui je suis heureux de m'être donné le temps de réfléchir. Dans un temps plus fort, il ne faudrait pas que les safrans décrochent !
Nous barrons nous-mêmes car Raymond (le régulateur) serait un peu à la ramasse : ce mécanisme primitif reliant une sorte de girouette au gouvernail, n'est pas capable d'anticiper et de doser finement. De plus, le vent arrière n'est pas l'allure préférée de ces engins là. Une autre solution eut été de tirer des bords de largue, pour éviter le plein vent arrière. J'y penserai la prochaine fois. Mais cela impliquerait d'empanner fréquemment par vent soutenu.
Contrairement à moi, qui préfère laisser à Raymond ce soin à chaque fois que c'est possible, Valérie ne rechigne pas à barrer. Ca la rassure. Lui donne l'impression d'avoir prise sur les évènements. Il faut dire qu'elle en a besoin : à chaque fois qu'elle remet les pieds à bord après longtemps, elle est à nouveau effrayée par les mouvements du bateau. Il lui faut le temps de s'amariner à nouveau. Mais si la capacité à surmonter la peur est la marque du courage, alors je dois dire qu'elle est courageuse. Car même quand elle a le trouillomètre à zéro, ( et le sien est réglé sur "sensible") je peux compter sur elle pour la manoeuvre : elle ne reste jamais paralysée. Elle assure ! Ensuite, le calme revenu, elle est heureuse de l'avoir fait et ne songe aucunement à me reprocher de l'avoir entraînée dans ces "épreuves". Donnez moi un équipage de cette trempe et des boules Quiès, et demain je pars faire le tour du monde !
Des voiles devant ! Au loin, près de la côte. Les goélettes !
Il n'y en a que deux. Deux Zodiacs sont sur place, l'un d'eux en remorque une, l'autre goélette n'a pas, ou n'a plus besoin d'aide. Elles ne sont pas très grandes, finalement. Hervé nous expliquera plus tard que ce sont des scout marins, et plus scouts que marins d'ailleurs, ce qui peut expliquer leur mésaventure. Le deuxième semi-rigide s'en va, et nous fait coucou au passage. Nous en déduisons que c'est celui de tout à l'heure, et que la situation est sous contrôle.
Nous guettons l'entrée du chenal de port Maubert. J'ai bien un peu mémorisé la tronche de la côte à cet endroit, mais je dis vive le GPS : sans lui nous aurions beaucoup cherché.
Cette année j'ai bricolé un support pour une tablette 10" bien visible depuis le cockpit, rechargeable en navigation, à l'abri de la pluie et des embruns, et visible par la descente ou au travers d'un hublot percé pour cela dans la paroi arrière du rouf: pratique et rassurant.
Finalement nous apercevons des pieux au loin. Ils portent les marques bâbord et tribord typiques d'un balisage de chenal. Nous avions anticipé en affalant tout quelques minutes avant, et mis au moteur, de peur de foirer ma manoeuvre d'entrée dans le chenal. Car entraînés comme nous l'étions par vent et marée, et vu l'angle aigu du chenal par rapport à l'estuaire, on pouvait imaginer en rater l'entrée. C'est que je ne suis pas un grand marin, moi ! J'apprends !
Je garde du moteur et "enroule", par un virage style épingle à cheveux, le poteau côté amont du courant (mais en aval de l'estuaire) portant la marque bâbord, serre la deuxième, (pour éviter de se planter dans la vase juste au dernier moment simplement pour s'être laissé dériver) et en quelques instants, nous sommes sur l'eau calme du chenal. Finalement, cela n'avait rien d'insurmontable.
Quelques minutes plus tard, nous nous amarrions pour la nuit au catway réservé aux visiteurs. Mission accomplie.
La civilisation a du bon, voyez-vous : l'eau calme du port, un ponton flottant, qui monte et qui descend en même temps que le bateau et la marée, des toilettes publiques non soumises à la gite... L'heure est à la détente.
Un visiteur s'annonce, c'est Hervé, alias Wedell, vieux loup de mer et grand connaisseur de l'estuaire, qui nous fait l'amitié d'une visite. Une mine de savoir, des infos, des tuyaux et des astuces... il aurait fallu prendre des notes, d'autant que nous n'étions plus très frais pour être pleinement réceptifs. J'en profitais pour le remercier à nouveau des infos qu'il m'avait données pour la première sortie de l'Hypoténuse sur la Gironde il y a presque deux ans, et que j'ai ressorties pour celle-ci ...et j'ai eu honte de m'apercevoir ensuite que je n'ai même pas pensé à lui offrir un café. Ca aurait été de l'eau chaude sur des granulés lyophilisés dans un quart en plastique, mais ça aurait été de bon coeur
Promis, Hervé, à mon prochain passage on fera mieux.
J'en profite pour mentionner Jean-Bernard Foriie, navigateur minimaliste qui aime la Gironde en poète. Ses écrits ont largement contribué à me donner envie de la découvrir, autant qu'ils m'ont eux aussi éclairé et renseigné sur les particularités de la navigation sur ces eaux, et sur des escales à découvrir.
https://estuairegironde.net/est/navig/navig-0.html
Egalement, cette vidéo de notre copain Laurent Cazalet, (avec qui nous avons, avec Trankilou, souvent navigué à Sanguinet et sur le bassin d'Arcachon) que j'ai revue avec intérêt :
§§§https://www.youtube.com/watch?v=K0pi_CbiX-o&t=61s§§§
Détail amusant, à 16' 24", on voit Irma partir à la godille.
J'ai écrit dans ce petit récit, une très modeste navigation (déjà une aventure pour moi) du point de vue d'un débutant avec ses doutes, ses interrogations, ses erreurs, etc. Toutes ces choses qu'on occulte souvent mais qui sont le lot de tout novice, parce que j'aurais moi-même aimé lire des récits de débutants.
Merci à ceux qui auront eu la patience de me lire
A peine l'Hypoténuse et son équipage sont-ils partis de la baie de Talmont, qu'un zodiac surgit (de Meschers ?) et nous approche par tribord. On nous demande si nous savons quelque chose à propos du mayday. Un "Par là" contente ses occupants, et le voilà déjà reparti en trombe dans la direction indiquée par le bras. Il se trouve d'ailleurs que c'est aussi la direction que nous suivons.
Je comptais initialement frôler la côte pour que nous puissions admirer au passage l'église Ste Radegonde et les falaises de Talmont, mais ce sera pour une autre fois. Aujourd'hui, nous allons garder nos distances et assurer le retour.
Le paysage défile. Vent arrière et courant itou, le GPS annonce huit noeuds. L'Hypoténuse marche habituellement à cinq quand le vent est bon, nous avons donc un courant de trois noeuds avec nous. Les vagues se succèdent. chacune soulève l'arrière du bateau et le fait accélérer un instant. Il montre alors, comme beaucoup, une certaine tendance à lofer, et il faut tirer nettement sur la barre pour l'en empêcher. Le foc, cycliquement masqué par la grand'voile, hésite, et fasseille souvent. Je l'affale. Evidemment ça n'arrange pas la tendance à embarder, bien au contraire. Alors je le rétrablis en le bordant plat cette fois, pour limiter ses fantaisies. Avec un peu de chance, il servira de stabilisateur. D'empennage vertical, quoi.
Mes sorties bassinoises m'avaient donné l'envie de raccourcir les safrans histoire de gagner quelques centimètres de tirant d'eau, mais aujourd'hui je suis heureux de m'être donné le temps de réfléchir. Dans un temps plus fort, il ne faudrait pas que les safrans décrochent !
Nous barrons nous-mêmes car Raymond (le régulateur) serait un peu à la ramasse : ce mécanisme primitif reliant une sorte de girouette au gouvernail, n'est pas capable d'anticiper et de doser finement. De plus, le vent arrière n'est pas l'allure préférée de ces engins là. Une autre solution eut été de tirer des bords de largue, pour éviter le plein vent arrière. J'y penserai la prochaine fois. Mais cela impliquerait d'empanner fréquemment par vent soutenu.
Contrairement à moi, qui préfère laisser à Raymond ce soin à chaque fois que c'est possible, Valérie ne rechigne pas à barrer. Ca la rassure. Lui donne l'impression d'avoir prise sur les évènements. Il faut dire qu'elle en a besoin : à chaque fois qu'elle remet les pieds à bord après longtemps, elle est à nouveau effrayée par les mouvements du bateau. Il lui faut le temps de s'amariner à nouveau. Mais si la capacité à surmonter la peur est la marque du courage, alors je dois dire qu'elle est courageuse. Car même quand elle a le trouillomètre à zéro, ( et le sien est réglé sur "sensible") je peux compter sur elle pour la manoeuvre : elle ne reste jamais paralysée. Elle assure ! Ensuite, le calme revenu, elle est heureuse de l'avoir fait et ne songe aucunement à me reprocher de l'avoir entraînée dans ces "épreuves". Donnez moi un équipage de cette trempe et des boules Quiès, et demain je pars faire le tour du monde !
Des voiles devant ! Au loin, près de la côte. Les goélettes !
Il n'y en a que deux. Deux Zodiacs sont sur place, l'un d'eux en remorque une, l'autre goélette n'a pas, ou n'a plus besoin d'aide. Elles ne sont pas très grandes, finalement. Hervé nous expliquera plus tard que ce sont des scout marins, et plus scouts que marins d'ailleurs, ce qui peut expliquer leur mésaventure. Le deuxième semi-rigide s'en va, et nous fait coucou au passage. Nous en déduisons que c'est celui de tout à l'heure, et que la situation est sous contrôle.
Nous guettons l'entrée du chenal de port Maubert. J'ai bien un peu mémorisé la tronche de la côte à cet endroit, mais je dis vive le GPS : sans lui nous aurions beaucoup cherché.
Cette année j'ai bricolé un support pour une tablette 10" bien visible depuis le cockpit, rechargeable en navigation, à l'abri de la pluie et des embruns, et visible par la descente ou au travers d'un hublot percé pour cela dans la paroi arrière du rouf: pratique et rassurant.
Finalement nous apercevons des pieux au loin. Ils portent les marques bâbord et tribord typiques d'un balisage de chenal. Nous avions anticipé en affalant tout quelques minutes avant, et mis au moteur, de peur de foirer ma manoeuvre d'entrée dans le chenal. Car entraînés comme nous l'étions par vent et marée, et vu l'angle aigu du chenal par rapport à l'estuaire, on pouvait imaginer en rater l'entrée. C'est que je ne suis pas un grand marin, moi ! J'apprends !
Je garde du moteur et "enroule", par un virage style épingle à cheveux, le poteau côté amont du courant (mais en aval de l'estuaire) portant la marque bâbord, serre la deuxième, (pour éviter de se planter dans la vase juste au dernier moment simplement pour s'être laissé dériver) et en quelques instants, nous sommes sur l'eau calme du chenal. Finalement, cela n'avait rien d'insurmontable.
Quelques minutes plus tard, nous nous amarrions pour la nuit au catway réservé aux visiteurs. Mission accomplie.
La civilisation a du bon, voyez-vous : l'eau calme du port, un ponton flottant, qui monte et qui descend en même temps que le bateau et la marée, des toilettes publiques non soumises à la gite... L'heure est à la détente.
Un visiteur s'annonce, c'est Hervé, alias Wedell, vieux loup de mer et grand connaisseur de l'estuaire, qui nous fait l'amitié d'une visite. Une mine de savoir, des infos, des tuyaux et des astuces... il aurait fallu prendre des notes, d'autant que nous n'étions plus très frais pour être pleinement réceptifs. J'en profitais pour le remercier à nouveau des infos qu'il m'avait données pour la première sortie de l'Hypoténuse sur la Gironde il y a presque deux ans, et que j'ai ressorties pour celle-ci ...et j'ai eu honte de m'apercevoir ensuite que je n'ai même pas pensé à lui offrir un café. Ca aurait été de l'eau chaude sur des granulés lyophilisés dans un quart en plastique, mais ça aurait été de bon coeur
Promis, Hervé, à mon prochain passage on fera mieux.
J'en profite pour mentionner Jean-Bernard Foriie, navigateur minimaliste qui aime la Gironde en poète. Ses écrits ont largement contribué à me donner envie de la découvrir, autant qu'ils m'ont eux aussi éclairé et renseigné sur les particularités de la navigation sur ces eaux, et sur des escales à découvrir.
https://estuairegironde.net/est/navig/navig-0.html
Egalement, cette vidéo de notre copain Laurent Cazalet, (avec qui nous avons, avec Trankilou, souvent navigué à Sanguinet et sur le bassin d'Arcachon) que j'ai revue avec intérêt :
§§§https://www.youtube.com/watch?v=K0pi_CbiX-o&t=61s§§§
Détail amusant, à 16' 24", on voit Irma partir à la godille.
J'ai écrit dans ce petit récit, une très modeste navigation (déjà une aventure pour moi) du point de vue d'un débutant avec ses doutes, ses interrogations, ses erreurs, etc. Toutes ces choses qu'on occulte souvent mais qui sont le lot de tout novice, parce que j'aurais moi-même aimé lire des récits de débutants.
Merci à ceux qui auront eu la patience de me lire
Re: Estuairiversaire de la Gironde ... ou anniverstuaire
Récit très sympa, je te remercie ! La navigation en pocketboat ou en voile-aviron, même si elle reste à une échelle modeste par rapport à des gros croiseurs, reste toujours une réelle aventure grâce cette proximité avec les éléments. Tu n'as pas raté l'entrée du chenal, bravo. J'ai déjà raté la rade de Port Navalo, il a fallu attendre la renverse pour y retourner
Ah, les scouts marins
Quand tu as parlé de goélettes, j'ai tout de suite pensé à eux, on en croise souvent l'été. Je leur dois ma première aventure nautique, à l'âge de 10 ans. Notre troupe de scouts avait rejoint les scouts marins de Bordeaux pour une étape de descente de la Dordogne sur des grosses barques en bois, menées à l'aviron par une dizaine de gamins par embarcation. Bah, ils ne savaient pas très bien naviguer, les trois barques ont toutes finies par s'échouer et s'éventrer en plein milieu de la large rivière. On avait beau s'épuiser à écoper avec les popottes de 20 litres, on n'a plus bougé jusqu'à ce qu'on soit évacué par canoë vers minuit. Magnifique souvenir !
Ah, les scouts marins
Je suis un acrobate masochiste ordinaire.
Accessoirement président de l'asso, modo, webmaster.
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- Gwengolo
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Re: Estuairiversaire de la Gironde ... ou anniverstuaire
Je ne dirais pas que "j'ai eu la patience de te lire" car ça voudrait dire que c'était un pensum... Or j'ai trouvé ce récit très intéressant et même très instructif.
Je retiendrai qu'il faut rester humble et ne pas hésiter à utiliser son moteur si on en a un.
La petite péripétie des scouts marins s'est bien terminée... mais cela n'a pas toujours été le cas.
Par chez nous (Baie de Lannion - 22) le mot "scouts marins" nous rappelle un drame d'il y a quelques années où quatre (cinq ?) jeunes était décédés, ainsi qu'un plaisancier venu à leur aide.
Modifié en dernier par Gwengolo le 03 août 2025 21:43, modifié 1 fois.
Marin de marée basse.
- fregate33
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- Localisation : Sud Gironde
Re: Estuairiversaire de la Gironde ... ou anniverstuaire
Merci messieurs pour vos commentaires sympathiques et édifiants
. Je crains de faire étalage de prétention et d'être ennuyeux à lire. Si vous me dites le contraire, alors vous me voyez heureux de partager avec vous ces moments qui donnent une certaine saveur à mon existence 
J'ai plaisir à écrire, mais je ne suis qu'un pékin qui raconte du banal (pour la plupart d'entre vous sur ce forum, en tout cas) comme si il avait fait le tour du monde
- Marmotte
- Second

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- Loisirs : tous bateaux , lecture marche, photo, le bois
- Localisation : Monticello 20220 ILE ROUSSE et Emerainville 77184
Re: Estuairiversaire de la Gironde ... ou anniverstuaire
sympas le récit pour un peu je me serai vu, vieux bourge lisant le monde pendant qu'il prenait son petit déjeuné.
vieux nanti car à ma dernière sortie qui n'était que la deuxième, j'ai croisé un groupe de jeunes du coin, Neuilly-plaisance se situe dans le 9-3 pour ceux qui ne connaisse pas
" Wesh m'sieur il est bo vot bato çà doit couté un bras!
- et non juste 3000 heures de travail manuel mais j'ai toujours mes deux bras
merci pour le compliment et Wech wesh les amis
( bon c'est pas facile de faire un accent écrit mais avec mon orthographe çà devrai le faire
vieux nanti car à ma dernière sortie qui n'était que la deuxième, j'ai croisé un groupe de jeunes du coin, Neuilly-plaisance se situe dans le 9-3 pour ceux qui ne connaisse pas
" Wesh m'sieur il est bo vot bato çà doit couté un bras!
- et non juste 3000 heures de travail manuel mais j'ai toujours mes deux bras
( bon c'est pas facile de faire un accent écrit mais avec mon orthographe çà devrai le faire
- fregate33
- Capitaine de Brûlot

- Messages : 836
- Enregistré le : 18 déc. 2016 08:19
- Localisation : Sud Gironde
Re: Estuairiversaire de la Gironde ... ou anniverstuaire
J'ai ai gardé un goût de trop peu...
Donc de retour très bientôt dans ces mêmes eaux. Les mêmes eaux, et un tout petit peu plus.
Donc de retour très bientôt dans ces mêmes eaux. Les mêmes eaux, et un tout petit peu plus.